Info Greenpeace : l’EPR va produire des déchets sept fois plus radioactifs que tout autre réacteur


31 janvier 2009 France

Au lendemain de l’annonce de la construction prochaine d’un deuxième
réacteur nucléaire EPR en France, sur le site de Penly
(Seine-Maritime), et alors que se déroule à Mortain (Manche) une
manifestation contre le premier EPR de Flamanville et la future ligne
très haute tension destinée à le raccorder au réseau électrique,
Greenpeace affirme, preuve à l’appui, que ce nouveau réacteur va
produire des déchets sept fois plus radioactifs que ceux générés par
ses prédécesseurs. Une information relayée en Une du quotidien
International Herald Tribune (www.iht.com/articles/2009/01/30/business/nuclear.4-419744.php).

« Alors que le président de la République veut doter la France d’un
deuxième EPR, il est bon de rappeler certains chiffres qu’Areva, EDF et
lui-même feignent d’"oublier"
, déclare Yannick Rousselet, de Greenpeace France. Tous
prétendent que l’EPR va produire moins de déchets, mais personne ne
précise qu’ils seront sept fois plus radioactifs que ceux générés par
les réacteurs classiques. Les combustibles irradiés issus de l’EPR
représentent des risques sanitaires et environnementaux considérables.
Ils vont également constituer un casse-tête insurmontable et très
onéreux pour l’industrie, qui échoue déjà à gérer les déchets
nucléaires classiques.
 »

Un risque totalement sous-estimé

Ces informations concernant la radioactivité des combustibles issus de
l’EPR proviennent d’un rapport établi en 2008 par Posiva, une
entreprise finlandaise de gestion des déchets radioactifs, ainsi que
d’une étude réalisée en 2004 par la Nagra, l’association nationale
suisse pour le stockage des déchets nucléaires.

=> Voir « Expansion of the Repository for Spent Nuclear Fuel », page 137 in Environmental Impact Assessment Report, Posiva, 2008, et « Technical Report 04-08 », Nagra, 2004,

 

« Les difficultés et les coûts liés au stockage et au traitement de ces déchets sont totalement sous-estimés par l’industrie, confirme l’expert international John Large. Dans
leur stratégie de promotion de l’EPR, Areva et EDF présentent ce
réacteur comme sûr et bon marché mais en réalité ces entreprises
ignorent complètement les conséquences de l’augmentation des risques
liés à ces déchets d’un nouveau type.
 »

L’impossible gestion des déchets de l’EPR

Le fonctionnement de l’EPR prévoit que le combustible nucléaire reste
beaucoup plus longtemps dans le réacteur, ce qui implique une usure
(« burn-up ») et donc une radiotoxicité bien plus importante que dans
les réacteur actuels. Ni la France, ni la Finlande, qui construisent
chacune un EPR, ni aucun des autres pays qui envisagent d’en acquérir
un (Royaume-Uni, États-Unis, Inde, etc.) ne disposent d’un site
susceptible de gérer des combustibles ainsi irradiés. Même l’usine de
La Hague d’Areva, présentée comme la plus performante au monde, ne
résoudrait en rien la gestion de ces déchets : leur traitement
génèrerait des rejets de radioéléments beaucoup plus élevés qu’à
l’heure actuelle. Par ailleurs, il n’existe pour l’instant aucune
solution à long terme pour les déchets issus de ce retraitement.

« Voilà qui va nous coûter beaucoup plus cher que prévu, sur
le plan financier mais surtout en matière de risque sanitaires et
environnementaux
, reprend Yannick Rousselet. Ceci est d’autant
plus inacceptable que pour répondre aux enjeux de consommation
d’énergie, d’indépendance énergétique ou encore de lutte contre les
changements climatiques, il existe des solutions bien moins onéreuses,
beaucoup plus efficaces et sans aucun risque : les économies d’énergie
et les renouvelables.
 »

L’EPR coûte déjà beaucoup plus cher que ce qu’on croit

Le prix du prototype finlandais s’élève désormais à 5,5 milliards
d’euros (contre 3 milliards initialement prévus) et le chantier affiche
38 mois de retard pour lequel TVO, l’opérateur électrique finlandais
qui achète cet EPR, réclame à Areva 2,4 milliards d’euros de
dédommagements. Quant au chantier français, il prend le même chemin.
Démarré en décembre 2007, il présente un dépassement budgétaire
officiel de 20 %, qui risque encore de se creuser : les retards
s’accumulent, impliquant un surcoût d’un million d’euros par jour de
retard supplémentaire pour EDF (Les Échos, 12/12/2008)

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