ONU: un traité contre le mercure


Unanimité à l’ ONU pour un traité contre le mercure

Ce métal lourd est, depuis de nombreuses années, reconnu comme un produit hautement toxique pour l’homme et l’ environnement.

  • Le
    mercure est mis au ban du monde. Les 140 ministres de l’ environnement
    réunis cette semaine à Nairobi ( Kenya), à l’occasion du forum annuel
    du PNUE ( Programme des Nations Unies pour l’ Environnement) ont
    décidé, vendredi après-midi, à l’unanimité , d’ouvrir des négociations
    pour élaborer un traité visant à en diminuer , voire à terme  , en
    supprimer l’usage.

  • Les
    derniers récalcitrants qu’étaient le Brésil, l’ Inde et surtout la
    Chine ont cédé. Cette décision doit beaucoup au ralliement de la
    nouvelle Administration américaine. Alors que Georges Bush y était
    farouchement opposé, Barack Obama a de longue date dénoncé les méfaits
    de ce métal lourd. Encore sénateur, il avait proposé au vote le texte
    qui vise à interdire aux Etats-Unis d’exporter ses stocks de mercure à
    partir de 2013. De son côté, l’ Europe a adopté une mesure similaire
    prenant effet en 2011.

  • Sur
    les 6000 tonnes de mercure qui sont tous les ans rejetées dans
    l’environnement, près de 2000 proviennent des centrales au charbon ou
    de la combustion du charbon dans les foyers. Mais le mercure est
    également utilisé dans l’industrie du chlore ( en France, notamment),
    par les cimenteries ou rejeté par les incinérateurs. On le trouve aussi
    dans certains produits cosmétiques ( blanchiment de la peau). Il est
    également manipulé par les chercheurs d’or, qui le rejettent dans les
    rivières, ou par de nombreux dentistes pour des alliages…. Bref, il
    se faufile partout. Il est dangereux de l’inhaler comme de le toucher,
    tout particulièrement sous la forme de méthylmercure, avec des
    affections qui peuvent aller de la simple allergie aux troubles
    neurologiques irréversibles.
Chaine alimentaire contaminée

  • Et,
    une fois qu’il est disséminé, il ne se dégrade jamais. On en trouve
    dans l’air, dans l’eau, dans les sédiments ou dans les sols avec une
    conséquence dramatique: la contamination de la chaine alimentaire. Il
    s’accumule notamment dans la chair des poissons , y compris dans des
    zones très éloignées de toute production. Relâché dans l’atmosphère, le
    mercure peut en effet être transporté sur des centaines de kilomètres
    avant de retomber.
  • "en
    Suède", explique Hachim Steiner, le directeur exécutif du Pnue, "
    environ 50 000 lacs abritent des brochets avec des niveaux de mercure
    dépassant les limites internationales en matière de santé " et il est
    vivement recommandé aux femmes en âge d’avoir des enfants de ne pas en
    consommer, ainsi  d’ailleurs que la perche, la lotte ou l’anguille. 

  • Et
    le responsable de l’ ONU d’enchaîner les exemples: "Aux Etats-Unis, une
    étude a révélé qu’un femme sur 12 présentait des niveaux de mercure
    supérieurs à ceux considérés comme sains par l’agence de protection de
    l’environnement" (300ng/m3). Du côté des mineurs, "environ 10millions
    d’entre eux ainsi que leur famille seraient touchés", ajoute-t-il. 

  • Dans
    l’attente du traité qui peut mettre 3 ou 4 ans à être rédigé, les
    gouvernements sont convenus d’instaurer " un partenariat mondial sur le
    mercure". Et parmi les questions qu’il faudra résoudre rapidement se
    trouve celle du stockage. " Aujourd’hui, le mercure est placé dans des
    fûts entreposés très profondément sous terre ou dans des mines de sel
    désaffectées", explique Marc Senant, responsable de ce dossier au sein
    de France Nature Environnement, l’une des 75 ONG internationales qui, à
    l’initiative des américaines, se battent pour faire interdire ce métal.
    "Mais on se rend compte qu’il y a parfois des problèmes d’étanchéité.
    Il faut donc accélérer la réflexion pour le solidifier", poursuit-il. 

  • En
    attendant, il ne boude pas son plaisir, tout comme le ministère de l’
    Ecologie français bien décidé à engager sans tarder les discussions
    avec les entreprises françaises qui utilisent du mercure.

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