Plongée aux Bahamas, avril 2011 : rencontre fascinante avec les requins de récif des Caraïbes !!-1


Les REQUINS , une rencontre fascinante !!

C’est ma première rencontre avec des requins, un rêve enfin réalisé !! Ces poissons imposants ont de tous temps fait naître des fantasmes dans l’esprit de bien des gens , ceci entretenu par les films comme « les dents de la mer ». Moi, n’ayant aucun à priori , j’y allais sans peur inappropriée, juste une fascination et une curiosité infinies….

Les requins sont des poissons cartilagineux, qui font partie de l’ordre des Chondrichthyens ( comme les raies, les poissons-scies, les poissons-guitare et les chimères)  et de la famille des carcharhinidés.

Les requins sont des poissons très anciens, ils sont apparus au Dévonien il y a 430 millions d’années et c’est à partir du Crétacé, il y a 100 millions d’années, que beaucoup d’espèces de requins ont adopté leur forme moderne et depuis, il y a peu d’évolution. On connait plus de 2500 espèces de requins qui vivent dans tous les océans et mers du globe sauf l’antarctique. Certaines espèces sont capables de vivre en eau douce ou peu salées ( fleuve, estuaire, lacs). Ils leur arrivent de remonter les fleuves à plus de 3000kms à l’intérieur des terres ( zambèze et lac Victoria en Afrique). Une espèce ( les pristiophoridés) va même se reproduire dans le Lac Titicaca en Amérique du Sud.

Certaines espèces sont Pélagiques ( vivant en pleine eau ) , d’autres Benthiques ( vivant près du fond et près des côtes). On trouve des requins de la surface jusqu’à 2500 m de profondeur.

Les fossiles de requins très bien conservés sont rares du fait de la nature cartilagineuse du squelette; le plus souvent, seules les dents résistent à l’altération du temps.

Morphologie:


Le requin a un corps fuselé , hydrodynamique. Ses nageoires dorsales, pectorales sont caractéristiques ainsi que sa nageoire caudale hétérocerque ( asymétrique). Le nombre et la forme des nageoires varient selon les espèces. Le requin possède 5 à 7 fentes latérales selon les espèces.

La taille aussi est variable selon les espèces : 15-20 cm comme le requin nain et le requin pygmée jusqu’à plus de 18 m pour le requin baleine.

La peau du requin est particulière, elle est rugueuse, recouverte d’innombrables denticules , des écailles osseuses placoïdes d’origine dermique et épidermique, qui le protègent contre les parasites et améliorent sa pénétration dans l’eau. J’ai pu toucher la nageoire d’un requin de récif pendant qu’il me frôlait,  mais dans le bon sens ! sinon vu l’aspect rugueux comme du papier de verre, j’aurais eu la main râpée !!

Les mâchoires du requin présentent des particularités uniques dans le monde animal. Elles sont entièrement mobiles, indépendantes et sont garnies de plusieurs centaines de dents réparties sur plusieurs rangées dont seule la dernière est fonctionnelle, les autres étant des dents de remplacement. Les dents, dont la forme est variable selon les espèces, sont renouvelées en permanence tout au long de la vie du requin et spontanément remplacées par une dent de la rangée suivante quand elles tombent. Les dents sont fixées sur un tissu fibreux très solide, elles se redressent vers l’extérieur quand le requin ouvre sa gueule, ce qui lui permet de mordre plus facilement la proie et la maintenir fermement grâce à la concavité des dents.

Son foie peut représenter jusqu’à 25% de son poids et est constitué à 90% de squalène  (qui est une huile)  et lui sert principalement à compenser son absence de vessie natatoire pour se stabiliser, mais également de réserve énergétique.

Son mode de locomotion

Le requin utilise sa nageoire caudale pour se propulser et changer brutalement de direction. Les nageoires pectorales font office de gouvernail. Les nageoires dorsales servent de stabilisateurs.

Pour pouvoir respirer, les requins sont obligés de nager en permanence afin de maintenir un courant d’eau apportant suffisamment d’oxygène à leurs branchies.  Il arrive cependant que certains requins, se reposent sur le fond, en se mettant face au courant, ce qui est suffisant pour qu’ils capturent l’oxygène nécessaire à leur métabolisme.

Certaines espèces peuvent atteindre des vitesses de pointe d’au moins 50km/h . Les denticules cutanés présents sur la peau des requins favorisent un écoulement laminaire des fluides en facilitant l’écoulement hydrodynamique par la création d’une couche d’eau permanente contre la peau, permettant une pénétration facilitée au cours du déplacement.. Les requins n’ont pas de vessie natatoire ( sac à paroi mince rempli de gaz) pour se stabiliser en profondeur mais utilisent le squalène ( huile présente dans le foie) de densité moindre que l’eau pour corriger leur flottabilité négative ).

Son OLFACTION

L’odorat des requins est très développé, le centre olfactif peut occuper près des 2/3 du cerveau. Les requins peuvent détecter des concentrations très faibles ( 1 molécule pour 1 million d’une solution molaire d’eau de mer ) de certains composants du sang ( hémoglobine, albumine), de la viande, de la peau ou des excrétions des poissons. Les requins possèdent 2 ouvertures nasales ( qui sont des sacs ou capsules olfactifs non reliés au système respiratoire) symétriques et indépendantes l’une de l’autre sous le bord du museau, au dessus et de chaque côté de la gueule. Chaque ouverture est divisée en 2 canaux par un clapet cutané. L’eau pénètre dans un sac olfactif par un canal ( sillon inhalant) , passe sur l’épithélium olfactif plissé ( ces replis des lamelles olfactives disposées en rosette permettent d’augmenter la surface d’échange avec les molécules odorantes) où l’odeur est détectée puis elle ressort par le sillon exhalant. Le flux d’eau dans les sacs olfactifs se fait naturellement pour les espèces nageant en permanence. Pour les espèces benthiques immobiles, le flux est pompé activement par les branchies et est transmis aux sacs olfactifs via les sillons naso-oraux.

Leur odorat sert non seulement à repérer les proies ( senties jusqu’à 75m de distance en l’absence de tout autre stimulus sensoriel) mais aussi à reconnaître des composés chimiques qui facilitent leur orientation ( phéromones d’autres espèces ou de femelles de la même espèce; salinité d’autres régions marines pour migrer ou repérer géographiquement des lieux de ponte ou de chasse).

Le détection du stimulus olfactif déclenche un comportement natatoire caractéristique: le requin nage en zig-zag en balançant sa tête de droite à gauche pour suivre la piste olfactive et remonter à la source odorante. Si l’odeur est perdue ou trop loin pour être détectée, le requin avance en effectuant un mouvement en forme de S.  Le requin prend la direction de l’odeur qui lui parvient en premier et à l’instar de la « vision stéréoscopique » sent en stéréo. Il s’oriente vers la source odoriférante en fonction du délai de la perception de cette source entre l’ouverture nasale droite et la gauche.

Sa Vision

L’oeil du requin est analogue à celui des vertébrés. Il est composé d’un cristallin, d’une cornée, d’une rétine et d’une pupille pouvant se dilater. Il possède aussi des paupières mais ne cligne pas, l’eau environnante nettoyant en permanence sa cornée. Le requin peut permuter entre une vision monoculaire et une vision stéréoscopique. Les photorécepteurs sont riches en bâtonnets mais n’ont pas de cônes, ce qui rend les requins daltoniens. Le requin est surtout sensible à l’intensité du contraste entre le fond ambiant et les objet.

Les ampoules de Lorenzini

Le requin possède des organes sensitifs spéciaux pouvant détecter des champs électromagnétiques aussi bien que des gradients de température. Ils fournissent aux requins et aux raies un véritable 6 ème sens. Chaque ampoule se compose d’un canal rempli d’une sorte de gelée s’ouvrant à la surface par un pore dans la peau et se terminant dans un faisceau de petites poches pleines de cellules électroréceptrices. Les ampoules sont la plupart du temps groupées en paquet à l’intérieur du corps, chaque faisceau ayant des ampoules reliées avec différentes parties de la peau, mais en gardant une symétrie gauche/droite. La longueur des canaux change selon les individus et la distribution des pores est spécifique d’une espèce.

Leur reproduction

La plupart des requins se reproduisent dans l’océan mais certaines espèces dans les lacs.

Contrairement aux autres poissons, les requins ont un mécanisme de reproduction peu efficace et rarement observé. La maturité sexuelle est atteinte tardivement ( plusieurs années) , le nombre d’individus par portée est faible ( de 1 à quelques centaines selon les espèces) et la durée de gestation est particulièrement longue ( de 7 mois à 2 ans).

Ptérygopodes

Lors de l’accouplement , le mâle mord la femelle violemment au-dessus de la tête pour la maintenir . La femelle mettra 1 mois pour cicatriser. Le mâle dispose de 2 Ptérygopodes ( organe servant à la transmission du sperme au cloaque, ils résultent de la mutation de la nageoire pelvienne en un tuyau articulé pouvant être muni d’une épine). Un seul est utilisé. Le sperme est déposé dans le cloaque de la femelle .

————–Le mode de développement des embryons est différent selon les espèces:

Développement Ovipare: ponte d’oeufs. Ceux-ci sont entourés d’une coque protectrice résistante, l’Oothèque. Les oeufs vont se développer grâce aux réserves de vitellus qu’il comportent. Il existe plusieurs formes d’oeufs ( en spirale, encapsulés ..)

Développement Vivipare: développement dans l’utérus grâce à un placenta. La gestation est longue ( 9 à 12 mois). La cavité utérine est cloisonnée en cellules distinctes; chaque cellule renferme un embryon relié au sac vitellin. La fécondité de ce type de développement est moindre que les autres. Le nombre de petits va de 2 à une centaine.

Développement Ovovivipare : les oeufs se dévéloppent  à partir de la réserve vitelline et éclosent à l’intérieur même de l’abdomen de la femelle, mais celle-ci n’est pas reliée au bébé. Ceux-ci sont complètement indépendants. C’est le mode de reproduction le plus répandu. Les oeufs cohabitent dans l’utérus.

Quelques cas de parthénogénèse.

Dans tous les cas, à sa naissance, le requin est autonome.

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Un commentaire pour Plongée aux Bahamas, avril 2011 : rencontre fascinante avec les requins de récif des Caraïbes !!-1

  1. Denis Chartier dit :

    »Des membres d’une espèce (Pristiophoridés) vont même se reproduire dans le Lac Titicaca, en Amérique du Sud. »
    Voilà une phrase recopiée sur plusieurs sites sans aucune vérification. Le Lac Titicaca n’est pas en contact avec la mer. Des requins océaniques ne peuvent donc y remonter pour s’y reproduire… (Contrairement au lac Nicaragua).
    Il s’agirait plutôt d’une espèce qui y aurait été enfermée après que l’ensemble de l’Altiplano a été soulevé autrefois et que le lac ait perdu son contact avec l’océan. Une espèce d’hippocampe y est d’ailleurs aussi enfermée, ainsi que plusieurs autres espèces de poissons que l’on ne retrouve que dans les océans…
    Le lac Titicaca n’est d’ailleurs pas un lac d’eau douce…

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