Médicaments non substituables / génériques : la sécurité sociale lance une nouvelle offensive..


Médicaments génériques contre médicaments princeps  , nouvelle offensive de la Caisse d’Assurance Maladie

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En 2011, une boite de médicaments sur 4 vendue en France est un générique…..soit 25 % Comme cela n’est pas suffisant en terme d’économie, une nouvelle offensive est lancée …

Avant, lorsque , en tant que médecin, vous désiriez que un médicament prescrit ne soit pas substitué par le pharmacien , vous imprimiez « NS » ou « Non substituable » , et lorsque vous vouliez que plusieurs médicaments voire toute l’ordonnance ne soient pas substitués, vous imprimiez « Non substituable » en marquant une accolade pour toute ou une partie de l’ordonnance………..

 

Dorénavant,nous autres médecins, si nous voulons qu’un médicament ne soit pas substitué et donc que le patient ne soit pas obligé de prendre le générique, nous sommes obligés d‘ ECRIRE DE FAçON MANUSCRITE ( A LA MAIN) devant chaque médicament « NON SUBSTITUABLE » en entier . Les mentions Non substituables ne devront pas être inscrites par l’ordinateur , ni écrites en abrégé ( NS)…………Je vous laisse imaginer sur une ordonnance longue …….Si nous ne le faisons pas , le patient devra avancer les frais de toute l’ordonnance ( même si celle-ci contient des médicaments non génériqués) et envoyer une feuille de soins pour se faire rembourser ( avec des délais beaucoup beaucoup plus longs)….Et ceci est valable également pour les ordonnances en ALD ( avec parfois des traitements chers)

« 2. Vous jugez qu’un médicament est non substituable

Pour des raisons tenant au patient, vous pouvez dans certains cas porter la mention « Non substituable » de manière manuscrite, sans abréviation, avant la dénomination de chaque spécialité concernée (Art. L5125-23 et R.5125-54 du code de la Santé publique). »

http://www.ameli.fr/professionnels-de-sante/medecins/exercer-au-quotidien/prescriptions/medicaments/regles-particulieres-de-prescription.php

Le but est évident : Démotiver les médecins qui vont en avoir rapidement ras la casquette d’écrire à la main plusieurs fois par ordonnance « Non substituable » … en particulier sur les longues ordonnances de patients âgés ( les plus à risque d’erreur )…..Et du coup, obliger les patients (s’ils ne veulent pas avoir à tout avancer ) à prendre des génériques même lorsque cela peut être dommageable..

Seulement voilà , les petits bureaucrates n’ont pas pensé à tout….. Qui empêchera le patient de rajouter lui-même le terme Non Substituable à la main devant le nom des médicaments????? D’ailleurs , qui empêchera le médecin de dire à son patient de le faire lui-même ( parce que se taper toute l’ordonnance à modifier à la main et ça plusieurs fois par jour, ça va vite nous énerver grave!! ) … Donc si , vous patient , ne voulez pas de générique, rien de vous empêche de rajouter le terme « non substituable  » vous-même … Il n’ y aura pas d’étude graphologique comparative avec l’écriture du médecin…..!! Là est toute l’absurdité du système……..

Mais , vous allez me demander , pourquoi refuser les génériques , qui vont faire faire pleins d’économies à la Sécurité Sociale??!!

D’abord, qu’est ce qu’un médicament générique?

Le générique est un médicament qui a la même composition qualitative et quantitative en principe actif que le médicament qu’il copie

Les éléments variables entre générique et médicament princeps :

Le principe actif: les différents sels, esthers, isomères, mélanges d’isomères, complexes ou dérivés d’un principe actif sont considérés comme un même principe actif

Les excipients : ce sont les molécules qui sont associées au principe actif ( donnant la texture , la forme, la couleur..) et elles peuvent avoir des effets notoires

La galénique : c’est la forme. Un générique peut avoir une galénique différente du princeps ( gélule au lieu de comprimé, taille…)

différence entre médicament princeps et générique

Il est accepté une certaine variabilité entre princeps et générique . La marge de variabilité de produit actif tolérée est  de – 20 à + 25% de produit actif.      Soit une variation de moins 1/5 à plus ¼ de produit actif par rapport au princeps. Théoriquement malgré cette marge de produit actif, la biodisponibilité est considérée comme équivalente à celle du  médicament. En règle générale, c’est vrai, une différence minime ne change pas grand-chose. Pour la revue Prescrire (avril 2011) : Au cours d’un traitement médicamenteux de longue durée, la stricte bioéquivalence entre les différentes spécialités dispensées est rarement indispensable pour assurer sa bonne continuité … sauf dans le cas de substances à marge thérapeutique étroite, ou chez des patients en situation clinique particulière. Le problème se pose pour ces médicaments tels que la Dépakine ( anti épileptique), le Levothyrox ( hormone thyroidienne), certains médicaments cardiovasculaires……..Ces traitements nécessitent un ajustement de la dose extrèmement fin , ce qui fait qu’un patient sous générique de levothyrox ( L-thyroxine ) se retrouve la plupart du temps sous-dosé..

Les excipients utilisés sont différents selon les laboratoires et comme toute molécule, tout excipient peut avoir des effets notables sur les patients . Intolérance , allergie , action sur l’absorption du principe actif….Intolérance au lactose , allergie au rouge cochenille  etc…. En changeant de laboratoire , les patients peuvent avoir des effets indésirables liés aux excipients …. Ce n’est donc pas anodin de changer de laboratoire quand on prend régulièrement un traitement ….Des patients me parlent parfois d’effets différents selon qu’ils prennent le princeps ou un générique ( moins d’effet, effets indésirables..), j’ai souvent cru que c’était « psychologique » par méfiance mais le fait est que ces effets existent …

La galénique également peut poser problème , un certain nombre de génériques sont bien difficiles à couper en 2 , d’autres sont de taille plus importante et difficiles à ingérer . Et ce qui pose un problème encore plus important est le fait que les patients ayant un traitement chronique ( en particulier les patients âgés avec 6-8 molécules sur l’ordonnance) se retrouvent souvent chaque mois avec des médicaments de laboratoires différents, avec des galéniques différentes ( comprimés ou gélules, de couleur et de taille variables) . Les médecins ont souvent l’occasion de voir les dégâts causés par les surdosages par erreur de molécules….. « Que prenez vous comme traitement? ah bah Docteur , je ne sais plus le nom, c’est une gélule bleue et blanche et un comprimé rose…… » ….oups!

Des doutes sont compréhensibles lorsque l’on apprend que les études cliniques avant mise sur le marché des génériques, sont différentes de celles faites pour les molécules princeps. Le princeps a son AMM après plusieurs années d’études cliniques au contraire des génériques. « Le générique étant équivalent au princeps (médicament d’origine), nous ne le soumettons pas à la même réglementation, puisque son principe actif a déjà fait ses preuves », explique le Pr Lechat ( directeur de l’évaluation des médicaments à l’ Afssaps)

Par conséquent, si dans la majorité des cas, les génériques ne posent pas de problèmes, il est des cas où les risques d’effets notoires existent

Conclusion : Le problème n’existerait pas si chaque molécule avait le même prix ( quelque soit le labo) et si les excipients utilisés étaient identiques pour tous les laboratoires…..mais certains excipients coûtent moins chers et donc…..

la CPAM invente donc un système qui va de toute façon engendrer des abus vu que n’importe qui peut ajouter « non substituable » à la main.. Ou va-t-on nous ajouter une contrainte supplémentaire ? ( tampon et signature devant chaque molécule ?……)

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6 commentaires pour Médicaments non substituables / génériques : la sécurité sociale lance une nouvelle offensive..

  1. tulipe dit :

    D’accord en général sur l’utilisation des génériques moins chers pour la CPAM et pour soigner le patient rarement malade. Le problème est tout autre lorsqu’il y a plusieurs pathologies de l’ordre des maladies auto-immunes, donc chroniques et que tout au long de sa vie on va devoir ingurgiter des médicaments, qui vont nous soigner d’un côté mais dont on aura aussi certains effets secondaires à échéance alors ne parlons pas des génériques pour ce type de patient.

  2. georges dit :

    attention danger!!!!!!!!!!!!! les medicamrents génériques sont une vrai merde cart les exipients ne se disolvent pas dans l’organisme
    j’ai failli en creuver il y a 3 ans
    refusez toujours les génériques si vous voulez rester en vie longtemps

  3. vangioni jean-baptiste dit :

    puisque 2 médicaments sont pareils le plus cher ne devrait pas etre pris en charge par l’assurance maladie . le princeps s’il existe doit bien profiter à quelqu’un .donc santé à deux vitesses .c’est bien de l’arnaque.

  4. jc dit :

    Un article intéressant et bien documenté mais pas vraiment enclin a faire économiser de l’argent à la sécu, mais comme le dis le proverbe  » la santé n’as pas de prix  » donc acte ( sans dépassement d’honoraire svp).

  5. bernadette homeau dit :

    Moi j ai un probleme avec le nom des medi aments
    La nomination des generiques ne portent pas le meme nom que les princeps.
    Alors je me trompe
    Pensez à tous les anciens qui ne comprennent plus les ordonnances.
    Toutes ces personnes qui nous pondent ces reformes ne pensent pas a tout.

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