Les cosmétiques passés au crible : la synthèse de l’ASEF


cosmetiquesIls envahissent notre salle de bain et nous les utilisons pour se laver, hydrater sa peau ou tout simplement pour se sentir bien, les cosmétiques sont devenus les produits incontournables de notre quotidien. Pourtant, chacun d’entre eux peut contenir 20 à 50 ingrédients dont la plupart sont considérés comme perturbateurs endocriniens, allergisants, irritants, voire même cancérigènes. Quelles sont ces substances ? Comment les repérer ? Et surtout comment continuer à prendre soin de soi tout en préservant sa santé ? Du maquillage aux crèmes, en passant par les parfums, l’ASEF passe au crible les cosmétiques susceptibles de nuire à notre santé…

Dans quels cosmétiques se cachent les substances toxiques ?

Dans les cosmétiques pour avoir la peau douce…

Les crèmes hydratantes

crèmeOn s’en étale sur le visage, les mains ou les jambes tous les jours, voire même plusieurs fois par jour : les crèmes hydratantes connues pour apaiser la peau et la rendre plus souple. Mais elles n’ont pas que des vertus… En effet, elles contiennent de nombreux produits toxiques qui présentent des risques pour la santé. Parmi les principaux, on retrouve les parabens ou parabènes (PARAoxyBENzoates). Ce sont des conservateurs très fréquemment utilisés dans la fabrication des cosmétiques, mais aussi dans les produits alimentaires ainsi que les médicaments pour leurs propriétés antibactérienne et antifongique (lutte contre les bactéries et les champignons). Ces composés ont la réputation d’avoir un pouvoir allergisant et sont susceptibles de provoquer des allergies de contact. Mais ils sont surtout suspectés de perturber le système endocrinien et d’entrainer ainsi des troubles de la reproduction. Plusieurs études(1),(2) ont montré qu’ils sont en fait capables de mimer l’activité des œstrogènes. C’est la raison pour laquelle les parabènes sont considérés comme perturbateurs endocriniens – c’est-à-dire qu’ils perturbent le système hormonal.

Certaines crèmes hydratantes peuvent également contenir du propylène glycol (PEG). Fabriqués à partir d’oxyde d’éthylène, un gaz extrêmement toxique, les PEG provoquent des allergies, et sont soupçonnés d’être cancérigènes.

Les tatouages au henné

henné noir

Que ce soit sur les plages, dans les centres de vacances ou sur les marchés, chaque été, les tatouages au henné rencontrent un franc succès. Moins douloureux que les tatouages traditionnels, on se laisse plus facilement tenter par les motifs variés, d’autant plus qu’ils ne durent que trois semaines. Pourtant, le henné peut contenir des produits chimiques et présenter des risques pour la santé. Le henné naturel, dont la couleur varie du marron à l’orange, est inoffensif. Mais pour renforcer sa couleur et augmenter la longévité du tatouage, certains tatoueurs y ajoutent illégalement de la paraphénylène diamine (PPD) pour donner du « henné noir ». Interdit depuis 2005 dans les cosmétiques, ce produit est également présent dans le caoutchouc, le vernis, le plastique, le cirage, les textiles ou le cuir. Employé à des concentrations bien trop élevées (20 à 30%) dans le henné noir, il peut être à l’origine de réactions allergiques, de démangeaisons et d’eczéma de contact (eczéma allergique) qui prend la forme du motif initialement tatoué ou s’étendre à la zone avoisinante voire à tout le corps. L’eczéma peut entraîner des réactions violentes, nécessitant parfois une intervention médicale urgente voire une hospitalisation.

Une fois sensibilisé à un excès de PPD, l’eczéma réapparaîtra à chaque nouveau contact avec des produits ou objets teintés avec ce colorant et la sensibilisation provoquée par le contact au PPD est définitive et irréversible.

Alors, avant de se faire tatouer, il est recommandé de bien vérifier que le henné ne contient pas de PPD. Pour en savoir plus, lisez notre article…

Dans les cosmétiques pour avoir la peau délicatement bronzée…

Les crèmes solaires

cremes solaires bronzageImpossible de s’en passer l’été, les crèmes solaires nous protègent du vieillissement de la peau et préviennent les risques du cancer de la peau. Pourtant, contrairement à ce que l’on pourrait croire, certaines seraient néfastes pour notre santé. En effet, depuis plusieurs années, elles sont remises en cause par certains scientifiques en raison des filtres UV (ultra-violet) qu’elles contiennent.

Les crèmes solaires sont composées de deux types de filtres : les filtres organiques (ou chimiques) qui absorbent les rayons UV et les filtres minéraux qui reflètent la lumière. Les premiers sont suspectés d’agir comme des perturbateurs endocriniens…En effet, une étude(3) menée en 2004 sur des rats a montré que les filtres chimiques sont capables de mimer les hormones féminines, et d’augmenter le poids de l’utérus des rattes immatures. Les chercheurs ont également constaté que l’exposition des animaux au 4-Méthylbenzylidène camphre (4-MBC) avant et après la naissance affecte le développement hormonal et modifie l’expression des gènes régulés par les hormones femelles. Ont ainsi été observés des malformations chez les bébés rats, des retards de puberté chez les mâles ainsi que des poids anormaux des organes reproducteurs tels que les testicules.

Face à la dangerosité des filtres chimiques, il est souvent recommandé d’utiliser des crèmes solaires ne contenant que des filtres minéraux. Ils sont souvent constitués de dioxyde de titane et d’oxyde de zinc. L’inconvénient, c’est que ces crèmes solaires sont difficiles à étaler et laissent des traces blanches sur la peau… Pour pallier à ce problème, certaines marques ont recours au dioxyde de titane ou à l’oxyde de zinc sous forme de nanoparticules. Grâce à leur petite taille, ils confèrent fluidité et bonne tenue aux crèmes solaires. Mais les nanoparticules peuvent elles aussi présenter des risques pour la santé…D’une part parce qu’en 2006, une étude(4) a montré que leur petite taille facilite leur passage à travers les cellules de l’organisme puis vers la circulation sanguine et les organes internes. Et d’autre part parce que d’après une autre étude(5) menée sur des souris, l’oxyde de titane induirait des dommages au niveau des chromosomes et des ruptures des brins d’ADN, pouvant augmenter les risques de développement d’un cancer. Néanmoins, les scientifiques se veulent prudents, car les études se contredisent et ne permettent pas de conclure quant à la dangerosité des nanoparticules. L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) recommande tout de même de ne pas utiliser de cosmétiques – en particulier les crèmes solaires – contenant des nanoparticules de dioxyde de titane sur une peau lésée ou sur les coups de soleil du fait des risques potentiels pour la santé humaine.

Et ce n’est pas tout ! Les crèmes solaires seraient également nocives pour l’environnement, et en particulier pour les coraux. D’après les estimations, 4 000 à 6 000 tonnes d’écran total sont libérées chaque année dans les zones de récifs tropicaux par les 78 millions de touristes qui se baignent. Ainsi, 10% des récifs coraux mondiaux seraient menacés par les crèmes solaires !

C’est pourquoi, il est important de choisir sa crème solaire. Pour connaitre les ingrédients à éviter et en savoir plus sur les risques des crèmes solaires, vous pouvez consulter notre article « la crème solaire : une amie qui vous veut du bien ? »

 

En ce qui concerne les cabines UV…

C’est un fait : les séances de bronzage en cabine augmentent le risque de cancer de la peau, notamment celui de mélanome. Chaque année en France, près de 10 000 nouveaux cas de mélanome de la peau sont détectés et 1 600 personnes meurent de ce cancer. Selon une étude(6) publiée en avril 2012, en 40 ans, l’incidence du cancer de la peau a été multipliée par huit chez les jeunes femmes et par quatre chez les hommes, alors même que sur l’ensemble d’une vie, le risque de mélanome est plus grand chez les hommes que chez les femmes. Les auteurs ont alors mis en relation ces résultats avec ceux d’une autre étude(7) parue en 2010 ayant montré que les personnes recourant fréquemment à la lampe à bronzer ont 74 % plus de risque de développer un mélanome. Or, les jeunes femmes y ont davantage recours que les hommes jeunes. Cette explosion des cancers de la peau chez les jeunes adultes s’expliquerait donc par un usage accru des salons de bronzage, surtout chez les femmes. Cette étude montre encore l’importance de campagnes pour réduire les facteurs de risque du cancer de la peau et de continuer à alerter les jeunes des effets cancérigènes des lampes à bronzer. A noter : une exposition à la lumière du soleil de 15 à 30 minutes par jour suffit pour synthétiser de 50 à 90 % de la dose de vitamine D dont notre organisme a besoin. Une alimentation équilibrée apporte le reste. Les séances d’UV n’ont donc aucun bénéfice pour la santé ! Lire notre article sur le sujet. 


Les autobronzants

Longtemps considérés comme la solution alternative aux cabines UV, les autobronzants présenteraient également des risques pour la santé en raison des nombreuses substances chimiques qu’ils contiennent. Selon les experts de l’Agence Européenne pour l’Environnement (AEE), lorsqu’on utilise régulièrement des crèmes auto-bronzantes, on s’expose à un risque de problèmes de fertilité, des malformations congénitales et même à des risques de cancers.

Parmi les responsables de ces risques, on retrouve le formaldéhyde – reconnu cancérigène par l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) en 2005 – mais aussi la dihydroxyacétone (DHA), la molécule colorant la peau lorsqu’elle entre en contact avec les acides aminés de l’épiderme.

Le danger est encore plus grand lorsqu’on utilise de l’auto-bronzant en spray car le risque d’inhaler la DHA est plus important. D’après une étude américaine parue en juin 2012, lors de l’application d’une crème de ce type, des agents bronzants peuvent se déposer sur les poumons et passer ensuite dans le sang. En se mélangeant à certaines cellules, le risque de développer une tumeur cancéreuse apparaît.

Dans les cosmétiques pour sentir bon…

Les parfums

parfums

Les parfums sont fabriqués à partir de produits chimiques aux effets très préoccupants pour la santé. C’est d’ailleurs ce qu’à révélé une étude(8) réalisée par l’Environmental Working Group (EWG) en mai 2010. Les chercheurs ont détecté la présence de 38 produits chimiques non mentionnés sur les étiquettes de 17 produits de grand nom, avec une moyenne de 14 produits chimiques par produit. Seventy Seven d’American Eagle contient à lui seul 24 produits chimiques non déclarés sur l’emballage. Suivent ensuite Coco de Chanel avec 18 produits cachés, Curious de Britney Spears et Acqua Di Glio de Giorgio Armani ex aequo avec 17 produits cachés.

Les parfums testés contenaient en moyenne 10 produits chimiques connus pour leur potentiel allergisant et pouvant entrainer de l’asthme, du wheezing (sifflement), des maux de têtes et des dermatoses de contact. Douze perturbateurs endocriniens différents ont également été retrouvés, avec une moyenne de 4 par parfum. Par ailleurs, la majorité des produits chimiques détectés n’ont jamais été testés pour leur innocuité. En savoir plus sur cette étude.

Parmi ces perturbateurs endocriniens, on retrouve des phtalates, et notamment le diéthyl phtalate (DEP), utilisé pour dénaturer l’alcool dans les parfums, c’est-à-dire pour les rendre, conformément à la loi, impropres à la boisson.

Les phtalates sont toxiques pour la reproduction car ils entravent le développement des organes sexuels. Une récente étude(9) a d’ailleurs montré que l’exposition des testicules de l’homme adulte aux phtalates, entraîne une inhibition de la production de la testostérone et seraient responsables de la réduction des testicules chez l’adulte. Les chercheurs ont ainsi constaté que ces composants réduisent de 30 % la production de testostérone par rapport à des testicules non exposés.

Les petites filles sont, elles aussi, concernées par les effets des phtalates. Une étude(10) de 2010 menée auprès de 1 100 petites filles âgées entre 6 et 8 ans, a montré que les phtalates seraient responsables de puberté précoce.

En 2005, Greenpeace a réalisé une enquête(11) sur la composition des parfums. L’ONG a elle aussi identifié le DEP dans 34 des les 36 parfums testés, dont les plus fortes teneurs ont été trouvées dans Eternity pour femmes de Calvin Klein, Iris Blue de Melvita, et Le Mâle de Jean-Paul Gaultier. L’étude a également révélé la présence de muscs synthétiques dans pratiquement toutes les marques de parfums testés, à des quantités variant énormément d’une marque à l’autre. Les muscs synthétiques sont des composés aromatiques industriels utilisés à la place des muscs naturels, bien plus coûteux. Ils sont incorporés dans de nombreux produits tels que les détergents, les rafraîchisseurs d’ambiance, les crèmes, les savons et les parfums. Il en existe trois grands groupes chimiques : les muscs nitrés, les muscs polycycliques et les muscs macrocycliques. Ce sont des substances persistantes, qui s’accumulent dans les tissus vivants, on peut donc les retrouver dans le sang humain et dans le lait maternel. Ce sont aussi des perturbateurs hormonaux potentiels, et ils peuvent briser les défenses de l’organisme contre d’autres produits chimiques toxiques.

Et comme si cela ne suffisait pas, certains parfums contiennent également du formaldéhyde, un composé organique volatil (COV) que l’on retrouve aussi dans de nombreux produits (vêtements, jouets, meubles, produits ménagers, etc.). Le formaldéhyde étant un gaz très volatil, il peut facilement entrer en contact avec les yeux ou le nez et engendre des irritations oculaires et des voies respiratoires. Il est également possible que de faibles expositions au formaldéhyde puissent accroître, à long terme, le risque de développer des pathologies asthmatiques et des sensibilisations allergiques(12)… Des effets loin d’être négligeables car ils peuvent, à terme conduire au développement cancer. En 2004, le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) a d’ailleurs classé le formaldéhyde dans le groupe 1 « substance cancérogène avérée pour l’homme » pour les cancers du nasopharynx par inhalation.

Les parfums sont d’autant plus néfastes pour notre santé qu’ils sont conditionnés sous forme de vaporisateur. Propulsées en petites gouttelettes, les substances chimiques restent en suspension et peuvent alors facilement être inhalées et entrer en contact avec les yeux, la peau et les voies respiratoires.

Les déodorants et anti-transpirants

déodorantCertains déodorants et anti-transpirants sont pointés du doigt notamment en raison de leurs teneurs en aluminium. Le plus suspecté est l’anti-transpirant. A la différence des déodorants qui ne font que masquer l’odeur, les anti-transpirants ont pour rôle de réduire la transpiration en formant un bouchon à la surface des canaux sudoripares. Ils sont constitués de sels d’aluminium tels que chlorhydrate d’aluminium dans des proportions allant jusqu’à 25%. Il a été démontré que ces sels d’aluminium pénètrent dans la peau et certains scientifiques et dermatologues les suspectent de jouer un rôle dans l’apparition du cancer du sein. En effet, des chercheurs(13) sont parvenus à démontrer que la teneur en aluminium chez des patientes atteintes de cancer du sein était plus importante dans les tissus proches de l’aisselle que dans le reste du corps. Une autre étude(14) de biologie cellulaire, conduite par des chercheurs de l’Université de Genève a mis en lumière les effets néfastes des sels d’aluminium (chlorhydrate d’aluminium et chlorure d’aluminium), présents dans les déodorants classiques, sur les cellules mammaires humaines in vitro.

D’autres études ont mené au même résultat. Parmi elles, une étude(15) américaine de 2003 a suivi 437 femmes atteintes d’un cancer du sein. Celles qui n’avaient jamais utilisé de déodorant ni d’anti-transpirant et qui ne s’étaient jamais rasé les aisselles, avaient un âge moyen de survenue du cancer du sein de 67 ans. Inversement, celles qui avaient largement utilisé des déodorants et des anti-transpirants, tout en se rasant les aisselles, avaient un âge moyen de survenue du cancer du sein de 59 ans, soit 8 années plus tôt.

Dans tous les cas, aluminium ou pas, le meilleur geste reste de ne pas du tout utiliser d’anti-transpirants, dont la fonction première est d’empêcher un phénomène normal et nécessaire au bon fonctionnement de notre organisme : la régulation de la température corporelle par la transpiration.

Pour en savoir plus sur les dangers de l’aluminium, consulter l’article ou l’interview du Dr Souvet sur le sujet.

Outre l’aluminium, les déodorants peuvent également contenir des parabènes, qui, comme nous l’avons vu présentent des risques, notamment pour la reproduction. Mais une étude(16) a révélé que les déodorants contenant du parabène seraient en plus directement responsables de l’apparition de nombreux cancers du sein. Sur 20 tumeurs mammaires analysées par les chercheurs, 18 contenaient une concentration élevée en parabène. Celui-ci peut imiter le comportement de l’hormone œstrogène, connue pour jouer un rôle dans le développement du cancer du sein. Le parabène trouvé dans les tumeurs indique qu’il provient d’une source appliquée directement sur la peau, comme les déodorants en spray, en crème ou à bille.

Dans les cosmétiques pour se faire belle…

Le rouge à lèvresrouge à lèvres

Le rouge à lèvre, lui aussi, est loin d’être innocent… En 2011, la FDA (Food and Drug Administration) a mené une étude sur la composition des rouges à lèvres. Les experts ont alors détecté du plomb dans tous les rouges à lèvres présents sur le marché en 2010, soit 400 au total. Selon les marques testées, les concentrations en plomb variaient de 0,026 ppm à 7,19 ppm et la moyenne de tous les rouges à lèvres était de 1,11 ppm. En consultant le détail de l’étude, on remarque que les grandes marques telles que Maybelline, et L’Oréal sont parmi les premières concernées avec des taux respectifs de 7,19 ppm et 7 ppm de plomb.

Le plomb est un métal lourd présent naturellement dans la nature. Il s’agit d’un neurotoxique puissant qui peut entrainer des troubles mentaux, des retards d’apprentissage, de langage et de comportement. Ce métal traverse facilement la barrière placentaire, ce qui le rend particulièrement dangereux pour les femmes enceintes. Responsable de saturnisme, il est également suspecté d’être cancérigène. D’après l’OMS, même à des niveaux relativement faibles, l’exposition peut avoir des effets graves.

Les rouges à lèvres contenant du plomb, appliqués quotidiennement et plusieurs fois par jour, chaque jour, peuvent entraîner de fortes expositions.

La FDA a établit une liste des 400 rouges à lèvres testés lors de l’étude, par ordre de concentration en plomb, ainsi que leur marque. Vous pouvez la consulter en cliquant ici.

Suite à la publication de cette liste, le groupe de défense des consommateurs américains, The Campaign for Safe Cosmetics (CSC), a demandé à la FDA de définir et de fixer ce nouveau seuil au plus vite.

Les vernis à ongles

vernis a onglesIl y a les classiques, les transparents, les rouges ou les roses, mais depuis quelques années, on trouve aussi des vernis à ongles de toutes les couleurs qui n’ont jamais été autant à la mode. Pourtant, tous ne sont pas sans risques. En juin 2012, un rapport du système d’alerte rapide pour les produits dangereux non alimentaires (Rapex) établi par la Commission européenne a pointé du doigt les vernis à ongles qui contiennent trop de polluants nocifs pour la santé. Ils proviennent le plus souvent des Etats-Unis, mais peuvent aussi être originaires de pays membres de l’Union européenne, comme le Royaume-Uni par exemple. Lire notre communiqué de presse.

Comme les parfums, les vernis peuvent contenir des phtalates, pourtant interdits dans ces cosmétiques depuis 2001, et du formaldéhyde à des concentrations supérieures aux 5% autorisés depuis 1996. C’est aussi ce qu’avait montré une enquête réalisée fin 2009 par la DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes). Sur les échantillons analysés de vernis et de durcisseurs prélevés dans 200 points de vente, environ 10% étaient hors la loi. Il s’agissait surtout de stocks vendus sur les marchés, les braderies, les solderies et les petites boutiques.

Plus récemment, en avril 2012, un rapport du département de contrôle des substances toxiques de Californie a également révélé la présence de ces produits chimiques, en plus du toluène – une substance suspectée d’être cancérigène – dans des vernis à ongles pourtant étiquetés « sans produits toxiques ».

Les ongles ne constituant pas une barrière, les phtalates et le formaldéhyde peuvent facilement atteindre le métabolisme. En plus de cela, ces substances sont volatiles, et peuvent donc agir sur l’organisme par inhalation. Le vernis à ongles présente non seulement un risque pour les consommateurs, mais aussi pour les personnes qui les utilisent quotidiennement dans le cadre de leur profession.

Dans les cosmétiques pour avoir une chevelure de rêve…

Les shampooingsshampoing

Les shampoings peuvent renfermer des SLS (Sodium-laureth-sulfate ou le sodium-lauryl-sulfate). Ce sont des agents moussants chimiquement connus en tant que tensioactifs (principe actif qui disperse les corps gras dans l’eau). Peu couteux, ils sont massivement employés dans de nombreux autres produits de toilette et d’entretien : savons, détergents, dentifrices, etc. Utilisés dans les shampoings, ils fragilisent le cuir chevelu, favorisent la formation des pellicules et provoquent des irritations ainsi que des démangeaisons. Le sodium laureth sulfate est également absorbé par l’organisme et agit alors comme un perturbateur hormonal dont les conséquences peuvent être lourdes : syndrome prémenstruel et symptômes de la ménopause, baisse de la fertilité masculine, cancers féminins, dont le cancer du sein. L’utilisation de laureth sulfate de sodium est particulièrement déconseillé chez les enfants. En effet, son application cutanée peut affecter le développement des yeux avec des dommages irréversibles.

Autres substances nocives présentes dans les shampoings : les alkylphénols, également présents dans les détergents, les produits de nettoyage et une large gamme de produits industriels. Des études(17), (18) sur les alkylphénols en laboratoire et sur la faune sauvage ont démontré des effets toxiques et perturbateurs endocriniens. Chez les animaux, on note que l’exposition à certains alkylphénols, surtout au cours du développement :

– réduit le nombre de spermatozoïdes,

– altère l’équilibre des hormones de reproduction,

– cause des malformations des organes reproducteurs.

Les laques pour cheveux

Certaines laques pour cheveux contiennent de nombreuses substances chimiques comme les phtalates, qui, comme nous l’avons vu plus haut sont des composés reconnus comme perturbateurs endocriniens ayant des effets délétères sur la mise en place du potentiel reproducteur masculin.

Une étude(19) publiée en 2009 a montré que les femmes exposées régulièrement aux phtalates durant leur grossesse en utilisant des sprays fixatifs pour les cheveux – par exemple les coiffeuses – ont trois fois plus de risque de donner naissance à un petit garçon souffrant de hypospdias. Il s’agit d’une anomalie uro-génitale caractérisée par l’ouverture de l’urètre dans la face inférieure du pénis plutôt qu’à son extrémité.

Certaines laques et fixateurs pour cheveux renferment également du propylène glycol (PEG), qui comme nous l’avons vu provoque des allergies, et est soupçonné d’être cancérigène.

Que dit la réglementation ?

Les produits cosmétiques sont strictement encadrés par une réglementation très précise qui, pour mieux protéger le consommateur, est la même en France et dans toute l’Union européenne. La réglementation cosmétique définit (entre autres) :

– la liste des substances interdites (plus de 1300 substances),

– la concentration maximale à laquelle certains ingrédients peuvent être utilisés en toute sécurité,

– la liste restrictive des colorants, conservateurs et filtres solaires qui peuvent être utilisés dans les produits cosmétiques

Contrairement aux médicaments, la commercialisation d’un produit cosmétique n’est pas soumise à une autorisation de mise sur le marché (AMM). En conséquence, les fabricants, importateurs ou responsables de la mise sur le marché des produits cosmétiques assument la responsabilité de la sécurité de leurs produits.

Depuis 1998, en Europe, tous les fabricants de cosmétiques sont tenus de suivre la nomenclature internationale des ingrédients cosmétiques (INCI) qui les oblige à préciser, sur l’emballage de leurs produits, la liste complète des ingrédients dont la contenance dans le produit dépasse 1%, dans l’ordre décroissant de leur quantité. De plus, depuis 2006, la commission européenne exige des industriels qu’ils répondent à toute demande de renseignements (téléphonique, écrite ou via Internet) provenant d’un consommateur sur les effets indésirables de leurs produits, comme les réactions allergiques. Le 3 mai 2011, l’Assemblée nationale a adopté une proposition de loi visant à interdire deux parabènes (butylparabène et propylparabène), les phtalates et les alkylphénols. Ce changement devrait obliger les laboratoires et les grandes marques à revoir totalement leurs « recettes ».

Comment éviter les substances toxiques dans les cosmétiques ?

Nous venons de le voir, les cosmétiques contiennent une multitude de substances toxiques qu’il est fortement conseillé d’éviter. Mais pas question pour autant de ne plus prendre soin de soi… L’ASEF vous donne donc quelques conseils pour fuir ces substances tout en continuant à utiliser des produits de beauté…

Lire les étiquettes

Sur les étiquettes des cosmétiques, il y a souvent une liste interminable d’ingrédients dont on ne sait pas toujours à quoi ils correspondent et s’ils représentent un risque pour la santé. Pour vous aider, voici les principaux ingrédients que l’on peut lire sur les étiquettes et les substances toxiques auxquelles ils font référence :

Substances Mentions sur les étiquettes Principaux effets sur la santé
Alkylphénols nonylphénol ; nonoxynol ; octylphénol ; O-phénylphénol ; propylphénol ; amylphénol ; heptylphénol, dodécylphénol ; méthylphénol (ou crésol) ; éthylpénol (ou xylénol) ; 4-tert-octylphenol Perturbateurs endocriniens
Filtres UV benzophenone-3, 2-benzoyl-5-methoxyphenol ; 2-hydroxy-4-methoxybenzophenone ; (2-hydroxy-4-methoxyphenyl) phenylmethanone ; methanone, (2-hydroxy-4-methoxyphenyl) phenyl- ; (2-hydroxy-4-methoxyphenyl) phenyl- methanone ; oxybenzone (benzophenone-3) ; oxybenzone 6; methanone, (2hydroxy4methoxyphenyl) phenyl ; b3 ; durascreen ; solaquin Perturbateurs endocriniens
Formaldéhyde Formol ; Formalin ; Formic aldehyde ; Paraform ; Methanal ; Methyl aldehyde ; Methylene oxide ; Oxymethylene ; Oxomethane ; DMDM hydantoin ; Diazolidinyl urea ; Imidazolidinyl urea, Methenamine ; quarternium-15 Irritant, allergisant, cancérigène avéré
Parabènes E214 à E219 ; butylparaben ; methylparaben ; ethylparaben ; propylparaben ; isopropylparaben ; N-propyl p-hydroxybenzoate (E216) ; P-hydroxybenzoate ; N-butyl p-hydroxybenzoate ; Ethyl p-hydroxybenzoate ; Méthyl p-hydroxybenzoate (E218) Allergisant, perturbateurs endocriniens
PolyEthylene Glycol (PEG) PEG-6 ; PEG-8 ; PEG-40 ; PEG-100 ; PEG-150 … Allergisant, suspecté d’être cancérigène
Phtalates Parfum ; fragrance ; Diisodecylphtalate (DIDP) Perturbateurs endocriniens
Sodium Laureth Sulfate Sodium Laureth Sulfate ; Sodium Lauryl Sulfate ; Laurylsulfate de Sodium Irritant, affecte le développement des yeux, perturbateurs endocriniens

 

Nos conseils pratiques : pour éviter l’exposition aux produits potentiellement toxiques pour notre santé, télécharger la liste des produits à éviter au rayon beauté en cliquant ici !

Une fois que vous avez supprimé toutes ces substances comment faire pour continuer à prendre soin de soi ? Et bien, il existe deux solutions…

Privilégier les cosmétiques BIO et les écolabels

La première solution consiste à utiliser des cosmétiques BIO ou portant un Ecolabel. Le plus connu des labels français spécifiques à la cosmétique est « Cosmébio », agréé par les experts Ecocert. Il se décline sous la forme de deux appellations : BIO et ECO.

logo cosmebio

Le label BIO indique qu’au minimum 95 % des végétaux utilisés et 10 % de l’ensemble des ingrédients sont issus de l’agriculture biologique. Seules les plantes peuvent être qualifiées de « BIO », c’est-à-dire provenant de l’agriculture biologique. Autrement dit, les produits qui contiennent des conservateurs, des tensio-actifs ne peuvent pas se revendiquer comme à tout à fait produits cosmétiques bio. Une majorité de produits à base de cires et d’huiles, essentielles et végétales, garantissent ainsi une forte concentration de composants BIO. Il ne comprennent pas de conservateurs de synthèse (comme les parabènes) ni de produits issus de la pétrochimie (comme la paraffine ou le silicone).

Quant au label ECO, il garantit qu’au minimum 50% des ingrédients végétaux et 5% de l’ensemble des ingrédients sont issus de l’Agriculture Biologique.

Par ailleurs, les cosmétiques portant l’un des deux labels Cosmebio doivent être composés au minimum de 95% d’ingrédients naturels ou d’origine naturel.

Plus exigent que Cosmebio, le label allemand BDIH est géré par la fédération des entreprises commerciales et industrielles allemandes pour les médicaments, les produits diététiques, les compléments alimentaires et les soins corporels. Moins orienté bio, il garantit surtout l’origine naturelle des ingrédients. Colorants, produits de la pétrochimie et parfums de synthèse sont interdits.ecolabel

Il y a ensuite le traditionnel Eco label européen, mais que l’on trouve uniquement sur les savons, shampoings et après-shampoing.

En plus du contenu, les cosmétiques BIO et labellisés doivent aussi avoir un emballage plus léger, biodégradable et recyclable.

Pour les vernis à ongles, il existe un label : « Four free ». C’est une appellation qui garantit l’absence des quatre substances les plus dangereuses que les vernis sont susceptibles de contenir (phtalates, formaldéhyde, toluène et camphre synthétique). Il existe aussi une nouvelle génération de vernis écolo, ils sont à l’eau ou contiennent 85 % de substances naturelles, pour rester belles jusqu’au bout des ongles, mais sans danger !

Attention néanmoins à ne pas confondre les cosmétiques bio avec les cosmétiques naturels, dont la composition n’est pas toujours très écologique…

Faire ses produits de beauté soi-même

L’autre solution consiste à réaliser soi-même ses produits de beauté. Vous préserverez ainsi votre santé, la planète, mais aussi votre budget…

Il suffit d’avoir chez soi ces quelques ingrédients de base :

– Du savon pur de Marseille ou d’Alep

– Des huiles essentielles que l’on peut acheter dans les magasins «bio» ou en parapharmacie.

– Des huiles végétales qui se trouvent dans les boutiques «bio» et parfois au rayon alimentation des grandes surfaces.

– De la cire d’abeille et de l’eau de rose qui se vendent dans les magasins «bio».

– De l’argile pur, en vente en pharmacie, parapharmacies, magasins « bio » ou diététiques.

Vous pourrez ainsi faire du savon, du gel douche, du shampoing, des soins pour cheveux, des crèmes nourrissantes, des masques, du déodorant, et plein d’autres cosmétiques indispensables pour se sentir bien.

Pour connaitre toutes les recettes, télécharger notre guide : « Cosmétiques au naturel » en cliquant ici !

 

COSMETIQUE naturel

Chaque cosmétique referme de nombreuses substances chimiques ayant des effets sur notre santé. Mais le plus dangereux, c’est l’exposition simultanée à tous les produits chimiques auxquels nous sommes soumis au quotidien, qu’il s’agisse des cosmétiques, de la pollution atmosphérique, des produits d’entretien, de l’alimentation, etc. L’action de toutes ces substances en même temps peut avoir des effets difficilement identifiables, c’est ce que l’on nomme l’effet « cocktail »… C’est pourquoi il est essentiel de se préserver de toutes ces substances, et en particulier les enfants et les femmes enceintes…

Bibliographie sur le site de l’ ASEF

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