Sport et développement durable : Compte rendu de la Conférence du 6 mai 2014 aux Mureaux sur le thème : « Organiser une manifestation sportive éco-responsable »


Compte rendu de la Conférence du 6 mai 2014 aux Mureaux sur le thème :
« Organiser une manifestation sportive éco-responsable »

 

Montée à l’initiative conjointe de SVPlanète et du Trinosaure club des Mureaux (club de triathlon emblématique qui célèbre cette année son 30ème anniversaire), cette journée gratuite et ouverte à tous , a permis aux organisateurs de manifestations sportives de la région et plus généralement à tous les passionnés de sport de mieux comprendre quels sont les les impacts environnementaux , sociaux et économiques du sport et les moyens d’organiser des manifestations sportives plus éco-responsables que ce soit en matière de production de déchets, de consommation d’eau, d’émissions de gaz à effet de serre, etc.

Les organisateurs de manifestations sportives présents ont pu prendre la parole pour évoquer leur expéricience , et les difficultés qu’ils rencontrent à inscrire leurs organisations dans une perspective plus écologique.

Plusieurs tables rondes se sont déroulées avec la participation dans l’ordre de :

1/ Léonor Mahé, chargée de mission Développement Durable à l’UFOLEP Nationale et coordinatrice opérationnelle du Raidy-to-Go.

ufolep logo

Quelques informations sur le Raidy-to-go .( http://www.event.ufolep.org/raidytogo/raidytogo_a/cms/index_public.php?us_action=show_note_site&login_off=1&ui_id_site=1 )               Mise en œuvre en 2012. La 3ème édition aura lieu du 6 au 11 Juillet 2014 .
L’objectif : favoriser l’accès au sport des jeunes. Participation de jeunes garçons et filles de 15-17 ans, avec une mixité sociale ( les participants ont été choisis dans les cités. 20 équipes de 5 + un accompagnateur. Epreuve itinérante : le but est de faire sortir ces jeunes de leur milieu. – Démarche Développement Durable avec des valeurs comme : laïcité, citoyenneté, solidarité
Objectif : rendre le sport accessible à tous, former des citoyens sportifs, respect de l’environnement .
Les Participants : sont issus des associations de jeunes, maisons de quartiers, antennes prévention etc….
Les sites sont choisis en fonction de la présence de transports en commun, en fonction de l’environnement local , de la possibilité de découverte du patrimoine local.
En 2013, le Raidy-to-Go a établi un partenariat avec la Surfriders Fundation . Au cours de cette épreuve , a eu lieu un ramassage de déchets sur le canal de l’Ourq , a bord de kayaks, le classement a été fait en fonction de la quantité de déchets ramassée.
Les déplacements : la transition entre les étapes se fait en transport en commun , le repérage s’est fait en vélo.
Le classement est fait sur les valeurs de solidarité ( 50% des jeunes viennent des quartiers difficiles), de mixité, de fairplay.
Achats responsables : 150 VTT de bonne qualité , avec réparation locale en cas de besoin, matériel de fléchage.
Les repas : produits de saison, locaux, bio, et équitables , venant de producteurs et prestataires locaux ( sur les étapes) , avec une présentation collective plutôt qu’individuelle ( moins de déchets) , utilisation de couverts réutilisables ( ex : utilisation de couverts des écoles environnantes ..)
Gestion des déchets : tri, poubelles de tri en carton disposées sur chaque étape, panneaux d’information sur le tri.
Communication : dématérialisation et mutualisation des moyens ( affiches communes, sites internet, utilisation des mailing listes, visio conférence.
Education : établissement d’un cahier des charges , d’un règlement interne signé par tous les participants, sensibilisation aux vertus sport/santé.

2/ Maël Besson, chargé de mission « sport et développement durable » au ministère du sport.

Quelques chiffres : 2,5millions de manifestations sportives par an , 34 millions de participants aux manifestations sportives.
Maël nous a expliqué qu’il fallait anticiper l’évolution des coûts de l’énergie, les besoins .
Explications de la mise en place d’un guide méthodologique pour le calcul du bilan carbone des activités sportives fédérales sachant que 85% de la production de GES vient des transports.
Le site internet du ministère du sport est très bien fait proposant des guides , des grilles d’éco-conditionnalité pour les évènements éco-responsables , des ressources pour les organisateurs de manifestations sportives… N’hésitez pas à aller y fureter.
http://developpement-durable.sports.gouv.fr/

3/ E. de Barbeyrac, référente sport et développement durable du CDOS 78 .

-Quelques chiffres : Dans les Yvelines, 400 000 licenciés, 2600 associations, 80% du territoire dédié aux espaces naturels ( 1150 kms de sentiers balisés, 105 kms de bord de Seine , 70 000ha de bois et forêts, 350kms de sentiers équestres, 400kms de voies vertes ).

  • Le CDOS met en place une politique sportive institutionnelle et fédérale avec des outils d’accompagnement.
  • La charte du sport français pour le développement durable ( 2008) : plusieurs objectifs : améliorer la gouvernance, renforcer la contribution du sport à l’éducation, contribuer à la cohésion sociale, promouvoir les relations sport/santé, lutter contre le changement climatique, promouvoir la sobriété énergétique, protéger les lieux d’exercice du sport, prendre en compte l’environnement à toutes les étapes de planification, réalisation et utilisation des équipements des manifestations , renforcer la contribution du sport à l’économie durable, à la solidarité sportive internationale.
  • Le CNOSF a mis en place en 2010 le Label «  Développement durable , le sport s’engage » : il atteste l’exemplarité de la démarche de la structure qui l’a obtenu au regard de l’ Agenda 21 du sport français et de la charte du sport français pour le développement durable. Il valorise les objectifs et les engagements pris dans le cadre du projet , et augmente la crédibilité du projet.
  • Des outils de gestion sont mis en place via des livrets : 1/ livret 1 : comment élaborer mon projet associatif et valoriser le fonctionnement de ma structure 2/ Livret 2 : comment organiser une manifestation éco responsable avec 7 engagements clés ( gouvernance, préservation du site d’organisation, préservation des ressources, préservation de la santé, sensibilisation et information , favoriser la responsabilité sociale, contribution à l’économie du territoire )

4/ Guillaume Freulon, président du Trinosaure club des Mureaux et organisateur du Festival « Triathlon: 30 ans d’histoire aux Mureaux » .

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  • Guillaume nous a expliqué les mesures mises en place pour la pratique éco-responsable du triathlon.
  • Le jeudi qui a suivi la conférence a eu lieu un triathlon officiel , suivi le samedi d’un triathlon – femmes puis d’un éco-triathlon découverte, ouvert à tous et toutes
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  • L’éco-triathlon a pour particularités , hormis la mise en place de ravitaillements bio , de saison , locaux , de gestion et minimalisation des déchets, etc…. d’un système de parcours différents : Un-e participant-e peut décider de commencer par une distance ( en natation, vélo, et course à pied ) puis selon son état en cours d’épreuve, de changer son parcours ( en allongeant ou en diminuant sa distance ) .. Les parcours se croisant . Pas de chronométrage, autonomie des participant-es , pas de certificats médicaux nécessaires. Et malgré la météo peu clémente , les participant-es ont adoré ce concept !
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  • Paniers de produits bio et locaux aux gagnants !

Interview de Guillaume Freulon : http://www.youtube.com/watch?v=rSmLnhLIVck

5/ Jérôme Lachaze, concepteur du Pandathlon du WWF-France et maintenant membre du CA de SVPlanète.

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Jérôme nous a expliqué la genèse du Pandathlon et les moyens mis en œuvre pour faire de cette épreuve un modèle d’éco-responsabilité , aidé pour cela de notre assocation SVPlanète , partenaire depuis 4 ans du WWF pour le Pandathlon. Cf http://www.pandathlon.fr/

6/ Didier Lehénaff, le président de SVPlanète qui a coordonné les tables rondes puis présenté la synthèse de celles-ci .

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  • Didier présente notre association qui a pour vocation de repenser le sport , ses pratiques, son organisation, ses modes de financement, et sa communication.
  • SVPlanète, c’est un réseau international d’acteurs engagés pour un sport éco-responsable : pratiquants, organisateurs, élus et managers, partenaires, journalistes… http://svplanete.blogspot.fr/
  • SVPlanète a pour objectif d’utiliser le sport pour sensibiliser pratiquants et citoyens aux « bonnes pratiques » écologiques et à la nécessité de modifier leur comportements au quotidien, d’accompagner ces citoyens dans leur démarche vers davantage d’éco-responsabilité individuelle et sociale, et aider les organisateurs de manifestations sportives constitue un maillon essentiel de notre action.
  • Réflexion sur l’impact du sport sur l’environnement : l’impact est colossal, le développement durable est une opportunité de repenser en profondeur ses usages et pratiques. Organiser une épreuve sportive éco-responsable est une opportunité de donner le « bon exemple » au plus grand nombre, l’organisateur est un « incubateur » de bonnes pratiques, la manifestation un « accélérateur » pour la révolution verte du sport.
  • Les piliers et les enjeux du développement durable : Enjeu économique ( emploi, protection de l’économie nationale, locale , prise de distance par rapport aux ressources extérieurs..), enjeu social ( solidarité interculturelle et intergénérationnelle, égalité des chances et de traitement pour tous, application des principes de la démocratie) , enjeu environnemental ( compatibilité des activités humaines avec la survie des écosystèmes et de la biodiversité, analyse des conséquences de ces activités sur l’environnement), enjeu de la gouvernance ( mise autour de la table de tous les acteurs concernés, décentralisation des prises de décision pour un meilleur partage, une meilleure acceptabilité et mise en œuvre ).
  • Les impacts du sport : Impacts économiques ( sport ,acteur du dynamisme économique des territoires, dépendance vis à vis du système financier , des médias, et grands groupes nationaux et internationaux ( sponsors, Tv..) , Impacts sociaux ( sport vecteur de rencontre et de partage, facteur d’insertion , de solidarité, de partage de responsabilité mais aussi vecteur de tricheries, corruption, paris truqués, exemplarité bafouée des sportifs et des dirigeants..), Impacts environnementaux ( le sport redessine les paysages naturels et urbains et les impacte lourdement – déchets, eau , transports, émission de GES..- ) , enjeu de gouvernance ( sport, modèle de transparence et de démocratie participative ? )/
  • Présentation de quelques chiffres ( déchets / marathon de paris 450 000 bouteilles ; consommation d’eau / neige artificielle 20 milliards de M3 d’eau en France, golf / 10 % de l’eau prélevée en France chaque année ; transports / total des émissions de GES de chaque français est en moyenne de 5,6 tonnes de Co2/ an – aller courir le marathon de New York revient à émettre 2 T de Co2 )
  • Un angle d’attaque ciblé pour sensibiliser aux bonnes pratiques : Les manifestations sportives sont un lieu de rassemblement de tous les acteurs du sport qui sont aussi des citoyens , servent d’exemple ( bon ou mauvais ) pour tous les citoyens , constituent un laboratoire d’expérimentation des bonnes pratiques.
  • Comment s’engager ? : l’objectif est de repenser chaque manifestation pour faire évoluer les représentations et les pratiques des participant-es , des organisateurs-(trices ) et du public, vers davantage de respect de la nature et des hommes. Quelques pistes de réflexion et d’action : Déchets / réduire leur production et améliorer leur gestion – Eau / optimiser la consommation pour limiter le gaspillage – Transports / favoriser la mobilité douce, covoiturage…- Energie / minimiser la consommation – Restauration / bio, locale, de saison, en vrac, vaisselle lavable, biodégradable – Communication/ Dématérialisation des supports, de tracts.- Animations / offrir des animations à dimensions sociale et environnementale – Compensation carbone / pour rendre « neutre » la manifestation – Mener des activités de nettoyage de zones sensibles locales – Organiser une collecte d’équipements sportifs, de fournitures scolaires, de produits de première nécessitéPenser autrement logistique et matériel d’organisation ( dossards, t shirts , trophées, ravitaillement, rubalise, véhicules motorisés, staff, choix des sites, tracés des circuits, accès aux sites, hébergement, restauration, achats, implication des populations locales ..)

1. 1/ C’est l’environnement qui définit les pratiques au programme et non l’inverse…
2. 2/ Une rupture par rapport aux pratiques instituées ( repenser les distances, inventer de nouveaux formats ou de nouvelles pratiques..
3. 3/ Relativiser la performance, qui ne peut ( plus ) être une fin en soi ( traitement plus égalitaire de tous les participants , performances relativisées au profit de l’épanouissement de ceux qui les accomplissent et de l’environnement qui les génère, classement, chronométrage ? Victoire sur soi-même plus que sur les autres..
4. 4/ Aménager systématiquement toutes les pratiques pour les rendre accessibles à tous ( distances/formats permettant à tous les publics, même peu sportifs, « d’entrer en pratique », d’y éprouver du plaisir ) avec pour seule exception, la sécurité des participants et la protection de l’environnement local..
5. 5/ Une organisation minimaliste : réduction à la source, faire avec l’existant …
6. 6/ Une organisation foncièrement éco-responsable ( transports non motorisés, bilan d’impact des différents publics, gestion des déchets, consommation d’eau et d’énergie, retombées et bénéfices socio-économiques pour les populations locales….
7. 7/ Un programme extra-sportif fort : conférences, expos ,découverte de l’environnement, opérations de nettoyage de plages/rivières.., rencontres avec des associations/ONG…
8. 8/ Le mode d’organisation et de déroulement des ECOGAMES vise à responsabiliser les pratiquants : logique participative, ( incitation des participants à aider à l’organisation/encadrement des épreuves, contribution à des collectes, engagement dans des programmes de nettoyage de l’environnement local…, dé-compartimenter pour responsabiliser…..
9. 9 / La logique du tout-économique est remise en cause : pas de dépendance à l’économique, conservation de son indépendance, contre les partenariats purement commerciaux qui s’inscrivent dans la logique du « retour sur investissement », contre les primes de départ et les grilles de prix exorbitantes, privilégier dons et troc par rapport au numéraire…
10. 10/ Essaimer les Eco-Games sur tous les territoires comme modèle alternatif durable d’organisation et de pratique du sport..
Des exemples : Autonomie, autosuffisance ( eau, alimentation..) – Auto arbitrage ( respect de la règle et de son esprit, chronométrage personnel ) – Eco-responsabilité ( faune, flore, riverains , déchets, transports) – Mutualisation des équipements ( chrono, VTT, appareils photo,, sac à dos…) – Minimalisme des structures.

http://les-nouvelles-des-mureaux.com/spip.php?article1104

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