COLLOQUE MALADIES NEURO-DEVELOPPEMENTALES ET ENVIRONNEMENT / Assemblée Nationale 18/06/2015: 1ère partie


 COLLOQUE MALADIES NEURO-DEVELOPPEMENTALES ET ENVIRONNEMENT

organisé par le Réseau-Environnement-Santé ( RES )

1ere partie

INTRODUCTION

  • Les données épidémiologiques des différents pays montrent une progression des pathologies liées à des troubles du développement du cerveau . En particulier, les troubles du spectre autistique dont la prévalence a été multipliée par 6 ou 7 sur 30ans ; les Troubles de l’Attention et de l’Hyperactivité ( TDAH) peuvent , selon les études , concerner jusqu’à 10% des enfants. Une progression qui ne peut à elle seule être expliquée par l’amélioration du diagnostic ; les facteurs environnementaux sont à prendre en compte. Ce colloque se focalise sur la toxicité des perturbateurs endocriniens et des métaux lourds.
    Le coût économique de ces pathologies a été estimé récemment à 150 milliards d’euros par an en Europe.
    Nous sommes actuellement dans une situation de déni de l’augmentation des pathologies neuro-environnementales.

DEFINITION DES MALADIES NEURO-DEVELOPPEMENTALES

  • C’est l’ensemble des maladies mentales chroniques liées à un trouble dans le développement du cerveau. Les plus représentatives sont les Troubles du Spectre Autistique (TSA) et le Trouble de l’Attention/Hyperactivité ( TDAH) , entrent également dans ce cadre retard mental, schizophrénie, et dyslexie.
  • Le colloque se concentre sur les expositions in utero .
  • Prévalence en rapide progression :
  • Dans les années 1990, on considérait qu’entre 5 et 10 % des enfants qui naissaient aux USA souffraient de troubles neurodéveloppementaux ; actuellement, on compte que 10 à 15% des nouveaux-nés seraient concernés. Le taux de prévalence du TDAH , chez les individus de 3 à 17 ans , aurait augmenté de 33% entre 1997 et 2008 ( passant de 5,69% à 7,57%) .
  • La prévalence des TSA est montée en flèche ; dans les années 1990, on estimait que cette affection touchait entre 5 et 10 enfants sur 10000. Or, en 2008, aux USA, elle était estimée à 1 enfant sur 88 et en 2010, à 1 enfant sur 68 ( 1 garçon sur 42 et une fille sur 189) ! Une étude de 2009 réalisée au Royaume-Uni parvenait à une estimation de 1 enfant sur 64 touché par l’autisme. En Suède, la prévalence a été multipliée par 3,5 en une décennie , entre 2001 et 2011. Une étude de 2003 invalide l’argument avancé consistant à dire que cette « épidémie » serait liée à une évolution du diagnostic. Quand on recense les individus atteints d’autisme dans une population d’après les critères actuels, les chercheurs ont montré que plus on monte dans les classes d’âge , moins il y a d’autistes.
  • Une étude récente a montrée que 75 à 80 % de l’augmentation de la prévalence des TSA est réelle et qu’elle doit être attribuée à des facteurs environnementaux. En 2014, une étude suédoise a précisément identifié que l’environnement pèserait environ pour 50% dans le développement de la maladie.

POLLUTIONS, THYROIDE et MALADIES NEURO-DEVELOPPEMENTALES
Barbara DEMENEIX

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( professeur au laboratoire évolution des régulations endocriniennes (CNRS/MNHN)
interview en avril 2015 : http://www.newspress.fr/communique_287778_6531_RSS-FR-CAT-202.aspx

  • ( son dernier livre : Losing Our Minds: How Environmental Pollution Impairs Human Intelligence and Mental Health de Professor Barbara Demeneix (11 septembre 2014) )

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  • Selon un rapport de l’UNEP (2012), l’incidence des maladies et troubles thyroïdiens chez l’humain a augmenté fortement au cours des dernières décennies, la prévalence des maladies de la thyroïde atteint environ 2 milliards de personnes dans le monde ; 6 à 10% des adultes souffrent d’une maladie ou de troubles de la thyroïde, le plus souvent une hypothyroïdie. En outre, des tests réalisés sur l’ensemble de la population ont révélé que même en l’absence de signes cliniques ; il existe une proportion importante d’anomalies « légères » de la thyroïde qui passent inaperçues. Le nombre de cas est donc sous-estimé.
    Des facteurs génétiques et environnementaux jouent un rôle dans l’apparition des dysfonctionnements de la thyroïde. Les observations faites sur des animaux en laboratoire et sur la faune sauvage, montre que l’exposition à des perturbateurs endocriniens ( PE) ( surtout pendant la vie foetale) , pourrait jouer un rôle majeur.
  • Toutes les cellules de l’organisme ont besoin des hormones thyroïdiennes. Les hormones thyroïdiennes sont essentielles à chaque étape pendant la vie foetale , de la mise en place du cerveau , de son organisation, et de sa structure finale et de son fonctionnement et ceci dès le 1er mois de grossesse. Alors que chez l’adulte, la thyroïde régule le métabolisme et la reproduction par la libération d’hormones et que les carences à long terme peuvent entraîner des problèmes de santé chroniques ; les conséquences de la perturbation thyroïdienne chez les enfants sont beaucoup plus graves . Une carence brève en hormones thyroïdiennes peut provoquer des déficits neurologiques permanents chez les tout petits.
    Hors, lors du 1er mois de grossesse, 250 000 neurones naissent par minutes.
    Les PE sont des polluants chimiques dont la structure est similaire aux hormones endogènes de l’organisme ; ce qui leur confère la faculté d’interférer avec l’activité hormonale. Ils peuvent entraîner des effets néfastes qui peuvent se transmettre sur plusieurs générations. La structure des hormones thyroïdiennes est identique chez les animaux et l’être humain  . Outre des effets oestrogéniques, antioestrogéniques ou antiandrogéniques , l’action des PE sur la signalisation thyroïdienne est bien étudiée. De nombreux polluants environnementaux ont un degré élevé de ressemblance structurale avec la T4 et la T3 et peuvent donc interférer avec les récepteurs des hormones thyroïdiennes.
    L’étude du Dr Colborn  montre qu’une légère modification des concentrations en hormones thyroïdiennes pendant la grossesse peut altérer de manière significative l’intelligence des enfants. L’étude de Weiss et al. (1993) a trouvé des anomalies thyroïdiennes 5 fois plus fréquentes chez les enfants atteints de trouble de déficit de l’Attention avec ou sans hyperactivité (TDAH).
  • A noter que le manque d’iode pendant la grossesse ou la petite enfance est la 1ère cause mondiale évitable de déficience intellectuelle. La diminution de la fixation d’iode par la thyroïde entraîne une baisse de la synthèse de T3T4. Hors par exemple , le nitrate bloque la fixation de l’iode par la thyroïde.
    Des chercheurs européens et américains ont évalué le coût des maladies chroniques et troubles chroniques liés à l’exposition aux PE à 157 milliards d’euros pour l’Europe, soit 1,23% du PIB de l’Union Européenne. La part qui revient à une baisse des capacités cognitives de la population ( QI) aux maladies neuro-développementales ( autisme, hyperactivité, trouble de l’attention ) se monte à 132 milliards d’euros.
  •  La liste des produits chimiques susceptibles d’affecter 1 ou plusieurs voies de signalisation des hormones thyroïdiennes est longue.
    1/ Anions inhibiteurs thyroïdiens : perchlorates, nitrates, thiocyanates.
    2/Dioxines et furanes 3/ PCB 4/ Retardateurs de flamme 5/Pesticides
    6/Phtalates 7/Bisphénol A 8/ Composés perfluorés 9/ Filtres UV
    10/ Mercure 11/Parabènes 12/ Triclosan.

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ANIONS INHIBITEURS THYROÏDIENS : PERCHLORATES, NITRATES, THIOCYANATES

LE PERCHLORATE

  • C’est un oxyanion ( forme la plus oxydée du chlore ) très stable, soluble dans l’eau (200g/l à 25°c) , peu dégradable. L’anion perchlorate  est principalement présent sous forme de sels ( d’ammonium, de potassium, de magnésium ou de sodium) . Il est stable chimiquement lorsqu’il est humide et persiste pendant de longues périodes dans les systèmes géologiques et dans les eaux souterraines.

Toxicité :

  • Il inhibe de façon compétitive le transport de l’iode  et favorise la décharge d’iode thyroïdienne endogène. Ces actions réduisent la disponibilité de l’iode pour la synthèse de T4 et de T3.

Sources de contamination :

  • Utilisation dans de nombreuses applications industrielles dont 50% liée aux propulseurs de missiles.
    -Production et utilisation d’hypochlorite pour le traitement de l’eau potable – Additifs dans le PVC
    -Production et utilisation de chlorate : industrie du papier  – Agents de blanchiment des textiles -Dispositifs pyrotechniques ( feux artifices )
    -Emballages alimentaires – Munitions historiques et leur destruction – Systèmes de déclenchement des « airbags » et certaines batteries – Peintures et émaux – Tannage du cuir.
  • On retrouve les sels de perchlorate comme polluants dans les ressources en eau et des aliments (lait, fruits et légumes )
  • En février 2015, la Californie a fixé un nouvel objectif de santé publique pour la présence de perchlorate dans l’eau potable à 1 microg/l , un seuil très inférieur aux valeurs de restriction de consommation d’eau établies par les autorités françaises à 15microg/l pour les femmes enceintes et allaitantes.
    En France, les sources de contamination aux sels de perchlorates sont étendues. Il existe 18000 sites industriels ou militaires potentiellement émetteurs d’ions perchlorates dans l’environnement sur le territoire français. Cette pollution environnementale contamine les ressources en eau , les cultures, sources de l’alimentation . Et il faut ajouter la contamination possible de certains aliments par les emballages , les sels d’acide perchloriques étant autorisés au niveau européen comme additifs dans les plastiques alimentaires. Or une étude de Taylor a conclu que les bébés nés de mères ayant des niveaux élevés de perchlorate pendant leur 1er trimestre de grossesse sont plus susceptibles d’avoir un QI diminué en grandissant , le perchlorate ayant des effets néfastes sur le développement cognitif du fœtus.

THIOCYANATES

  • Les thiocyanates ( SCN-) sont un produit de réaction du cyanure (CN-)

TOXICITE :

  • Inhibiteurs compétitifs du symporteur sodium-iode ( NIS) de la thyroïde, comme le perchlorate et les nitrates.

Sources de contamination :

  • La pollution environnementale aux thiocyanates a notamment pour origine les effluents liquides de nombreux procédés industriels où le cyanure  est utilisé ,tels que l’industrie de l’acier, de la pétrochimie. Les thiocyanates d’ammonium, de sodium, et de potassium sont produits industriellement pour être utilisés dans les secteurs du textiles et des fibres, de l’agriculture ( production d’herbicides et de fongicides), des métaux, de la construction, de la photographie.
    Une autre source de thiocyanates est la fumée de cigarette. On les retrouve dans l’eau, mais aussi dans certains légumes de la famille du chou.

LES NITRATES

  • Les nitrates sont des sels de l’acide nitrique. Ces sels sont caractérisés par la présence de l’ion nitrate (NO3-), composé d’un atome d’azote et de 3 atomes d’oxygène. Ils existent naturellement dans les sols et les eaux mais sont aussi fabriqués industriellement pour servir d’engrais .

TOXICITE

  • Les effets sur la santé des nitrates sont liés à leur transformation en nitrites et nitrosamines au niveau du tube digestif.
  • Plusieurs études montrent que l’exposition aux nitrates, mais aussi aux thiocyanates, altère la fonction thyroïdienne humaine qui entraîne une  diminution de  la sécrétion des hormones thyroïdiennes ( T3, T4) et fait augmenter les taux de la TSH.

SOURCES DE CONTAMINATION

  • Les nitrates sont solubles dans l’eau , ils ne sont pas retenus par les sols. L’intensification de l’activité agricole, l’utilisation excessive des nitrates, entraîne la pollution des terres et des milieux aquatiques. L’eau potable et l’alimentation sont une source majeure de nitrates.
    La Bretagne fait partie des régions les plus touchées par cette pollution. L’ensemble des ressources en eau sont concernées : eaux de surface, certaines nappes phréatiques , eaux littorales. Les fortes teneurs en nitrates sont principalement liées aux activités d’élevage et de fertilisation minérale des cultures.
  • Après avoir été condamnée en 2012 pour avoir désigné des zones vulnérables aux nitrates trop restreintes, la France a de nouveau été condamnée par la Cour de justice de l’Union européenne en septembre 2014 pour ne pas avoir adopté certaines mesures nécessaires relatives à la protection des eaux contre la pollution par les nitrates à partir de sources agricoles.

ZONES VULNERABLES POUR LES NITRATES EN FRANCE

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  • Les « zones vulnérables » sont des territoires où sont imposées des pratiques agricoles particulières pour limiter les risques de pollution. Les masses d’eau dépassent ou risquent de dépasser le seuil de 50mg/l en nitrates, ou présentent des tendances à l’eutrophisation.
    Ces zones ont été révisées en 2012 sur la base des résultats de concentrations des eaux souterraines et superficielles observées en 2010-2011.
    « Environ 55% de la surface agricole de la France est classée en zone vulnérable , cela corresponde aux régions où l’activité agricole est la plus importante. Cette révision s’est traduite par le classement de 1440 communes supplémentaires aux quelques 18 400 communes déjà concernées, essentiellement localisées dans les bassins Adour Garonne, Loire Bretagne, Rhône Méditerranée et Seine Normandie. » ( source : ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie)

EFFETS COCKTAIL :

  • Etant donné leur prévalence dans l’eau et l’alimentation , une étude  a calculé que le potentiel cumulé des nitrates et des thiocyanates à limiter l’absorption d’iode par la thyroïde est plus important que celui du perchlorate, bien que les nitrates soient en moyenne 240 fois moins puissants que les perchlorates mais présents à des concentrations plus élevées ( norme nitrate dans l’eau : 50mg/l soit 3000 fois plus élevée que celle des perchlorates ( 15µg/l).

DIOXINES ET FURANNES

  • Les dioxines et furannes regroupent 2 grandes familles: les   PCDD et les PCDF , apparentés sur le plan structurel et chimique. Elles font partie de la classe des hydrocarbures aromatiques polycycliques halogénés (HAPH) qui sont le plus souvent chlorés ou bromés et constituent une importante catégorie d’environ 200 composés.

TOXICITE

  • Plusieurs expériences in vitro et in vivo suggèrent que les PCDD et les PCDF peuvent interférer avec la fonction thyroïdienne.
    Les dioxines peuvent également provoquer des troubles du système immunitaire, du système nerveux, des fonctions reproductrices , et sont également classées «  cancérogènes pour l’humain » par le Centre International de Recherche sur le Cancer ( CIRC).

SOURCES DE CONTAMINATION

  • Les sources d’émission de dioxines résultent principalement des processus de combustion liés à l’incinération de déchets ménagers, hospitaliers ou industriels , mais aussi à des procédés à haute température utilisés dans la métallurgie, les cimenteries, l’industrie des matières plastiques et de la pâte à papier , ou la synthèse industrielle de certains herbicides et pesticides.
    D’autres sources comme le chauffage domestique, les décharges, les brûlis, les feux d’entrepôts apportent une contribution non négligeable à la formation des dioxines et apparentées.
    Les composants électroniques et appareils électriques , qui contiennent des retardateurs de flamme halogénés composés de brome, de chlore, de fluor et d’iode constituent la principale source de pollution. Une fois rejetés dans l’environnement, ces polluants persistent pendant des décennies dans les sols , les eaux et l’atmosphère et continuent à poser des problèmes très longtemps après la fin des rejets. Les dioxines se concentrent le long de la chaîne alimentaire ; l’alimentation représente la voie d’exposition majeure chez l’humain ( viande, produits laitiers, poissons, fruits de mer )

LES PCB

  • Les PCB  et les PCT , désignés par l’abréviation PCB sont des composés chimiques synthétiques connus aussi sous le nom de pyralènes. La famille des PCB ,  regroupe 209 molécules. Leur production est arrêtée depuis les années 80 en France mais ils sont encore détectés dans les tissus humains, y compris le lait maternel , le cordon ombilical et le sang.

TOXICITE

  • Les PCB ,  ont un degré élevé de ressemblance structurale avec les hormones thyroïdiennes ainsi que des activités thyroïde-like . Des études expérimentales indiquent que l’exposition aux PCB peut induire des effets néfastes sur le cerveau en développement. Cette hypothèse est étayée par des données animales qui montrent que les PCB réduisent les niveaux d’hormones thyroïdiennes , les PCB peuvent aussi exercer des actions directes sur les récepteurs thyroïdiens.

SOURCE DE CONTAMINATION

  • Les PCB ont une longue persistance dans l’environnement et peuvent être transportés sur de grandes distances. Ils sont très peu biodégradables et après rejet dans l’environnement, ils s’accumulent dans la chaîne alimentaire . Ces composés se retrouvent dans tous les milieux de l’environnement : air, sol, eau, sédiments, mais aussi après transfert , dans les plantes, les animaux,et les êtres humains.

LES RETARDATEURS DE FLAMME

  • Les Retardateurs de flamme ( RFB) sont des substances chimiques utilisées pour limiter l’inflammabilité des produits et matériaux auxquels elles sont incorporées. On les trouve dans les équipements électroniques , les textiles et les matériaux de construction. Dans les années 90 , la production annuelle mondiale de RFB a été estimée à 150 000 tonnes.
  • 5 catégories principales de RFB :
    -PBDE : plastiques, textiles, moulages électroniques , circuits ;
    -HBCDD : isolation thermique dans l’industrie du bâtiment , certains textiles et mousses utilisés en ameublement , composants électriques et électroniques ( BSEF)
    -Tétrabromobisphénol A ( TBBPA) et autres phénols : cartes de circuits imprimés , thermoplastiques ( téléviseurs)
    -PBB : appareils ménagers, textiles, mousses plastiques
    -Autres retardateurs de flamme bromés.
    Les retardateurs de flamme non bromés ne contiennent pas de brome mais un autre halogène , le chlore. Les composés les plus utilisés de cette catégorie sont les organophosphates. Ils sont utilisés dans la fabrication de mousse de polyuréthane , y compris celle destinée aux produits pour bébé. Une étude montre que le TDCPP est retrouvé dans 99% de la poussière des bureaux , des véhicules, et dans les habitations. Son principal métabolite était présent dans 100% des échantillons d’urine analysés.

TOXICITE

  • Les PBDE interfèrent avec la signalisation des hormones thyroïdiennes à plusieurs niveaux.  Un autre effet antithyroïdien provoqué par ces composés pourrait être lié à la libération de brome au cours du métabolisme, ce qui peut affecter l’apport en iode par la glande. Des effets neurotoxiques ont été constatés.

SOURCES DE CONTAMINATION

  • La structure, la persistance et les propriétés bioaccumulables des RFB sont semblables à celles des PCB . L’émission environnementale de RFB à partir de leurs sites de production industrielles représente la source primaire d’exposition de l’humain à ces substances . La pollution environnementale contaminera ensuite la chaîne alimentaire.
    Les RFB peuvent également être émis directement par les produits manufacturés. Ils font partie , avec les phtalates , des substances PE semi-volatiles les plus retrouvées dans la poussière domestique, possiblement inhalée ou ingérée par les jeunes enfants. On les retrouve aussi dans l’air intérieur, l’atmosphère des habitations étant moins contaminé que celle des bureaux et des automobiles.

PESTICIDES

  • Les pesticides regroupent les insecticides, les fongicides, et les poisons pour rongeurs ( eux-mêmes inclus dans la famille des biocides qui comprend aussi les herbicides). Les pesticides sont représentés par plus d’un millier de substances actives .
    Les substances chimiques pesticides peuvent être regroupées en 4 catégories principales : les Organophosphorés et les carbamates qui ciblent l’acétycholine, un neurotransmetteur ; les organochlorés comme le DDT ou le chlorane ; les pyréthrinoïdes qui sont neurotoxiques.

TOXICITE

  • De nombreuses études animales et toxicologiques suggèrent que plusieurs pesticides ont des propriétés de perturbation thyroïdienne. L’Avis scientifique de l’ EFSA de 2013 répertorie 111 pesticides susceptibles d’ interférer avec le fonctionnement de la thyroïde
    Les pesticides persistants organochlorés (OC) et les pesticides non persistants tels que les organophosphorés ( OP) , les carbamates et les pyréthrinoïdes de synthèse peuvent interférer avec la fonction thyroïdienne.
    L’activité de perturbateur thyroïdien du chlorpyrifos , un pesticide organophosphoré utilisé comme insecticide dans le secteur agricole ou domestique, est aussi bien documenté dans la littérature scientifique.
    Les études épidémiologiques ont associé les 2 catégories principales de pesticides que sont les OC et les OP aux troubles du spectre autistique

SOURCES DE CONTAMINATION

  • L’ exposition aux pesticides peut se produire directement dans le cadre de leur fabrication ou de leurs utilisations professionnelles ou domestiques , mais aussi indirectement par l’air, le contact de surfaces contaminées ou la consommation des eaux et denrées alimentaires. L’ exposition non professionnelle est la plus importante. Elle peut être liée à des activités et usages domestiques ou à une exposition environnementale ( habitation au voisinage de zones traitées par les pesticides, contamination des sols, de l’air extérieur ou intérieur ) et à l’alimentation.

Exemples de pesticides interférant avec le fonctionnement de la thyroïde.

1. Le Fipronil ( Régent ) : Cet insecticide, interdit dans les champs français il y a plusieurs années, est pourtant retrouvé dans les cheveux des enfants . Cette contamination humaine est liée à l’utilisation du Fipronil comme antiparasitaire ( antipuces et antitiques) chez les animaux domestiques.

2. Le 2,4 D : c’est un herbicide sélectif très répandu qui est utilisé dans les secteurs  agricoles et non agricoles. C’est l’un des 2 ingrédients de l’ Agent Orange . Il est perturbateur endocrinien reconnu. La Suède, la Norvège et le Danemark l’ont interdit.

3. L’ Imidaclopride , le Thiaclopride et le Thiaméthoxane :
Ce sont des insecticides de la famille des néocotinoïdes , une famille de pesticides parmi les plus utilisées à travers le monde .

4. Le Chlorprophame : Il appartient aux Carbamates et est utilisé comme herbicide en production légumières et horticoles , mais son utilisation principale est le contrôle de la germination en production de pommes de terre de conservation.

5. L’ Etofenprox : Il appartient à la famille des pyréthrinoïdes , des insecticides parmi les plus utilisés. Il est employé lors des campagnes anti moustiques , entre autres. Il est présenté pourtant comme présentant des risques de toxicité faibles pour les mammifères…
Des chercheurs ont pourtant trouvé que les enfants dont les mères résident près de lieux où des insecticides pyréthrinoïdes sont appliqués, juste avant la conception ou pendant le 3 ème trimestre de grossesse, étaient plus à risque de développer un trouble du spectre autistique et un retard de développement. Les risques de retard de développement étaient augmentés près des lieux de pulvérisation de carbamates.

LES PHTALATES

  • Ce sont des substances chimiques couramment utilisées depuis les années 1950 comme additifs dans les matières plastiques, principalement de type PVC,  afin de les rendre souples et flexibles. On les retrouve dans les jouets , les tubulures médicales, les bouteilles en plastiques, des emballages, les produits de soins ( cosmétiques, shampoing) etc…

TOXICITE

  • Les troubles occasionnés par l’ exposition aux phtalates sont nombreux ( perturbation du système endocrinien , troubles de la reproduction, troubles métaboliques, troubles allergiques, troubles neuro-psychologiques, troubles du développement etc..)
    Il existe peu de données sur la fonction de la thyroïde des humains exposés aux phtalates. Cependant , des études récentes ont rapporté des associations significatives entre les niveaux de phtalates urinaires et une modification des hormones thyroïdiennes. .

SOURCES DE CONTAMINATION

  • Les sources de contamination directe sont nombreuses. Les principales voies d’ exposition sont l’ingestion ( alimentation, poussière intérieure, jouets portés à la bouche ), le contact cutané ( produits de soins personnels) , l’inhalation ( peintures et autres matériaux de construction), et la voie parentérale ( dispositifs médicaux surtout chez les prématurés et les dialysés).
    La contamination environnementale , et notamment des ressources en eau, peut se faire par les rejets industriels ainsi que par l’ incinération ou l’ enfouissement des déchets en PVC et autres matériaux contenant des phtalates.
    Les fœtus , tout comme les nourrissons, sont particulièrement à risque car les phtalates traversent la barrière placentaire et sont retrouvés dans le lait maternel ainsi que dans la préparations pour nourrissons.
    Certains phtalates ont été interdits ou limités dans les jouets ( DEHP,DBP BBP/DINP, DIDP , DNOP ).

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2ème conférence : BISPHENOL A et TROUBLES DU COMPORTEMENT
ANA SOTO
Professeur de Biologie Tufts University Boston

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  • Le Bisphénol A ( BPA) est un composé chimique qui entre dans la composition du polycarbonate (PC) et de divers alliages plastiques. Le polycarbonate est un plastique dur souvent utilisé pour fabriquer des récipients à usage alimentaire ou non , ainsi qu’un grand nombre d’objets usuels ( CD, lunettes, jouets, matériel d’installation électrique, appareils électroménagers, casques etc..) . Il sert aussi d’additif dans les résines ( revêtement intérieur des boîtes de conserve et des canettes , amalgames dentaires, gainage des canalisations d ‘eau potable) et dans la fabrication des papiers thermosensibles. Enfin, environ 3% de la production totale de polycarbonate est utilisée pour la fabrication de dispositifs et appareils médicaux. A noter que le l’utilisation du BPA est interdite dans les contenants alimentaires en France depuis janvier 2015.

TOXICITE

  • De nombreuses études chez l’animal montrent que le BPA est un perturbateur endocrinien oestrogéno-mimétique . Il peut induire des effets délétères à des doses extrêmement faibles ( cancers hormono-dépendants, maladies métaboliques et cardiovasculaires, troubles neuro-développementaux, et neuro-comportementaux , troubles de la reproduction, troubles du développement etc….)
    Il existe désormais des preuves solides que l’exposition au BPA affecte la fonction thyroïdienne.
  • Chez les rongeurs , l ‘exposition au BPA entraîne une altération des interactions sociales, une diminution de la communication sociale, des stéréotypies : ( rats « flipper » faisant des bonds toute la journée , rats « circlers » tournant en rond dans leur cage toute la journée. Ana Soto nous montre des extraits de vidéos montrant effectivement ces stéréotypies chez les rats.
  • 25% des femelles rates exposées au BPA montrent des troubles du comportement , les mâles ne sont pas affectés , alors qu’il n’existe aucun trouble dans le groupe des rats témoins.

SOURCES DE CONTAMINATION

1. L’alimentation , qui contribue majoritairement à l’exposition ( le BPA , depuis janvier 2015 , est interdit dans les contenants alimentaires en France, il est généralement remplacé par un analogue aux effets similaires ,le BPS ou BPF )
2. L’eau contenue dans des bonbonnes en polycarbonate
3. Le papier thermique ( ticket de caisse, de carte bancaire etc..) par pénétration cutanée ou ingestion ( mains à la bouche ou au contact d’aliments)
4. La poussière intérieure

LES COMPOSES PERFLUORES

Les  PFC sont une famille de polymères halogénés qui se caractérisent par des propriétés à la fois hydrophobes et lipophobes. Ils sont utilisés dans de nombreuses applications industrielles, notamment pour les traitements antitaches et imperméabilisant de textiles ( vêtements, tissus, tapis, moquettes..), les enduits résistants aux matières grasses pour les emballages en papier et/ou carton autorisés pour le contact alimentaire, les revêtements anti-adhésifs ( ex : poêle) , les mousses anti-incendie , les tensioactifs utilisés dans l’exploitation minière et les puits de pétrole , les cires à parquet , ou encore certaines formulations d’insecticides.
Le  PFOS et le  PFOA, 2 tensioactifs organiques ( per) fluorés, sont les principaux produits de dégradation de nombreux PFC ; ils apparaissent comme étant les 2 principaux biomarqueurs d’exposition aux PFC.

TOXICITE

  • La littérature scientifique montre que l’exposition au PFOA affecte négativement les niveaux d’hormones thyroïdiennes et sexuelles ainsi que les taux de cholestérol dans le sang. Les perfluorés peuvent induire des effets neurotoxiques, hépatotoxiques, néphrotoxiques et reprotoxiques, entre autres . Certains PFC sont considérés comme cancérogènes probables pour l’humain.

SOURCES DE CONTAMINATION

  • Les PFC sont des substances persistantes qui vont demeurer longtemps dans l’environnement en raison de leur stabilité chimique . Ce sont les substances les plus retrouvées dans les eaux de surface .
    On les retrouve dans la chaîne alimentaire via les ressources en eau et l’alimentation. La poussière intérieure peut également contribuer à cette exposition , surtout chez les jeunes enfants.
    Les ustensiles de cuisine qui comportent un revêtement anti adhésif sont susceptibles de contaminer les aliments avec lesquels ils sont en contact ou l’air intérieur.

LES FILTRES UV

  • Ce sont des composés aromatiques. Ils absorbent la lumière UV. Chaque filtre chimique protège dans une gamme de longueurs d’onde spécifique.

TOXICITE

  • Les études expérimentales indiquent que le  4-MBC , l’ OMC ) , et le benzophénone 2 et 3 ( BP2, BP3 ) interfèrent avec la fonction thyroïdienne.
    Chez le rat, l’exposition au 4-MBC induit une réduction significative de T4  . Des études ont également démontré que le BP2 réduit le niveau des hormones thyroïdiennes chez le rat in vivo et est un inhibiteur puissant de la peroxydase thyroïdienne.

SOURCES DE CONTAMINATION

  • Les filtres UV sont utilisés dans les crèmes solaires , d’autres produits cosmétiques comme les crème de nuit et les remèdes anti-rides, mais aussi dans des matériaux divers pour préserver leur coloration.
    Ils polluent notamment les ressources en eau et l’écosystème via les eaux usées et les effluents des stations d’épuration puis s’accumulent dans la chaîne alimentaire.

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COMBATTRE LES IDEES RECUES SUR LES MALADIES NEURO-DEVELOPPEMENTALES

Christine GETIN, Présidente d’HyperSuper TDAH France

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  • Idée reçue N°1 : l’hyperactivité serait une invention du lobby pharmaceutique : En réalité , les données biologiques , l’expérimentation animale et les études épidémiologiques en milieu de travail confirment la réalité de la pathologie et de ses causes environnementales.
  • Les recommandations de la HAS sur la prise en charge du TDAH( trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité) : une reconnaissance officielle nécessaire
  • En France, 3,5 à 5,6 % des enfants scolarisés sont touchés par le TDAH. L’âge moyen du diagnostic à 9-10 ans ; 47% présentent des troubles de l’attention, 36% présentent une hyperactivité , d’intensité variable.
    La prise en charge est faite quand l’altération de la vie sociale et scolaire est sévère..
    Quand le diagnostic est fait après l’âge de 18ans le risque de mortalité est multipliée par 4 ( accidents) .
    Les enfants atteints de TDAH ont un risque d’abus de substances telles que le tabac ( risque x 2,3 ), l’alcool ( risque x 1,3), Cannabis (risque x1) , un risque de délinquance , de suicide ( risque x 3) , de troubles obsessionnels ( risque x 1,4) , de blessures physiques ( risque x 1,83) . Risques d’échec scolaire, de sous performance scolaire. Risque x 3 d’interruption de la scolarité par rapport à la population générale. Le risque de redoublement x 2 . Le risque d’exclusion du lycée public x 4..
    La prescription de Ritaline en France , a augmenté entre 2004 et 2012 ( 0,14 % à 0,37%) ; par comparaison, en Belgique , la prescription de Ritaline est 10 fois plus importante qu’en France.

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EXPOSITION PROFESSIONNELLE AUX SOLVANTS ET RISQUES DE TDAH
Sylvaine Cordier, directeur de Recherche, INSERM U185 – IRSET RENNES

Exposition professionnelle pendant la grossesse et comportement des enfants de 2ans :

  • Objectif : étude du comportement des enfants de 2 ans.
    Méthode : étude de cohorte femme/enfant, sur la base de questionnaire et sur échantillons urinaires . Suivi jusqu’à la naissance ( avec recherche dans sang du cordon, placenta , cheveux ) , puis suivi jusqu’à l’âge de 2ans avec étude du comportement. Cohorte Pélagie 2002 en Bretagne. 3400 femmes enceintes de moins de 19SA. A l’issue de 2ans, il restait 1278 enfants. ( perdus de vue ) .
  • Le questionnaire portait sur la profession, l’usage, la manipulation ou la fabrication de solvants.
    2 ans plus tard , nouveau questionnaire sur le comportement des enfants sur 3 critères hyperactivité/agressivité-opposition/émotions=> score de synthèse des réponses aux items ( CBCL , Child Behavior ChekList) . Les variables ( socio économiques , environnemental familial, facteurs médicaux, habitudes de vie .
    Parmi les enfants 51% de garçons, âge moyen 27 mois, naissance à terme dans 96% des cas, âge moyen des mères 28 ans, dont 2/3 de niveau bac + 2 , et dont les ¾ étaient non fumeuses.
    L’exposition aux solvants était occasionnel ou régulière . Dans 70% des cas, les solvants provenaient de produits détergents , de nettoyage.
    L’augmentation du score pour le TADH pour les enfants exposés suggère une association entre exposition des mères aux solvants et TADH et agressivité.
  • http://www.appanpc.fr/_docs/7/fckeditor/file/Revues/AirPur/Airpur_79_Chevrier.pdf
  • L’étude : http://leest.univ-angers.fr/_resources/Manifestations/S%25C3%25A9minaire%25204septembre2014/Pele_Pelagie_s%25C3%25A9minaire%2520angers%2520092014.pdf?download=true
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  • Idées reçue N°2 : L’origine de la maladie serait dans l’enfance du sujet : l’hypothèse neurodéveloppementale supplante l’hypothèse psychanalytique : ce n’est pas la faute du comportement des parents si les enfants sont malades ; la cause est environnementale. L’exemple des troubles psychotiques associés à l’exposition in utero aux hormones de synthèse.

HORMONES DE SYNTHESE ET TROUBLES PSYCHIATRIQUES

Marie-Odile Soyer-Gobillard

Directeur de recherche émérite au CNRS, présidente de HHORAGES (http://www.hhorages.com/ )

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  • L’expérience du DES ( diéthylstilbestrol ) sert de modèle pour les autres hormones de synthèse.
    L’Éthinylestradiol, ou éthinyl estradiol (EE) est l’hormone de synthèse la plus vendue dans le monde.
    Différences entre Hormones Sexuelle Naturelle du type 17-béta-Estradiol / Hormones de Synthèse du type Ethinyl-Estradiol ou Diéthylstilbestrol .
    Le 17-béta-Estradiol rentre dans la famille des stéroïdes qui sont des composés lipophiles. Il devrait donc se fixer sur les lipides mais grâce aux enzymes de métabolisation du type cytochrome P450 , le 17-béta-Estradiol sera éliminé sous forme de produit hydrosoluble comme l’Estriol , que l’on va retrouver rapidement dans les urines sous forme de sulfate.
    Le 17-Ethinyl-Estradiol (synthétique ) lipophile lui aussi subit quant à lui d’autres voies de métabolisation touchant à sa fonction acétylénique et conduisant à l’inactivation du cytochrome P450. Il restera donc fixé au niveau des lipides.
    Le Diéthylstilbestrol , estrogène non stéroïdien, est un Diphénol synthétique très lipophile dont la métabolisation est également différente de celle de l’Estradiol naturel : il s’agit d’une dégradation par réaction d’oxydation très néfaste , car libérant des structures du type « Quinone » fortement réactives vis-à-vis des protéines et surtout de l’ADN.
    Diéthylstilbestrol et 17-Ethinyl-Estradiol se fixent sur les mêmes récepteurs hormonaux ( appelés ER beta) dans l’organisme humain en particulier.
  • Cf : L’article : http://www.hhorages.com/MedecineLongevite.pdf

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PRESENTATION D’ETUDE INFORMATIVE SUR L’EXPOSITION IN UTERO AU DISTILBENE ET LA SANTE MENTALE

Marie-Odile Krebs
Directeur de recherche en psychiatrie , Université Paris Descartes

L’exposition in utero au Distilbène : un paradigme pour explorer les interactions environnement / génétique.

  • Idées reçue N°3 : L’épidémie de maladies neurodéveloppementales ne serait qu’une illusion d’optique qui reflète l’amélioration du dépistage. : Les données récentes montrent au contraire une progression fulgurante.

AUTISME : Révéler la réalité de l’épidémie :

Florent Chapel, Président du Collectif Autisme

la-france-reste-la-terre-des-droits-de-l-homme-pas-des_1860912_330x450http://www.collectif-autisme.org/index.html

  • 67 millions de personnes dans le monde seraient atteintes de pathologie autistique ( 2 fois plus que le nombre de personnes touchées par le SIDA)
    Le nombre d’enfants et d’adultes atteints augmente sans distinction de classes sociales, d’ethnies…
    Les troubles du spectre autistique touchent 4 hommes pour 1 femme.

EFFETS NEURO-DEVELOPPEMENTAUX D’UNE EXPOSITION PERINATALE AUX METAUX : exemples du Mercure, du plomb et de l’aluminium

Marie GROSMAN, Agrégée de Biologie, Responsable de formation en santé publique, Conseillère scientifique de Non Au Mercure dentaire et André Picot , toxicochimiste, Président de l’Association Toxicologie Chimie ( ATC)

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LE MERCURE

  • Le mercure est un métal lourd naturellement présent dans l’écorce terrestre. C’est le seul métal liquide à température ambiante. La toxicité des vapeurs de mercure a été largement décrite dès le XVII ème siècle
  • Les circonstances d’exposition et la toxicité chez l’humain sont étroitement liées à l’état du mercure dont il existe 3 formes chimique : le mercure métallique, le mercure inorganique et le mercure organique.

TOXICITE

SOURCES DE CONTAMINATION :

  • La contamination environnementale est d’abord industrielle. Le mercure métal est utilisé dans l’industrie électrique comme constituant des piles, de lampes, de redresseurs de courant ou de minuterie ; dans l’industrie chimique, il intervient dans la production par électrolyse de chlore ( eau de Javel) et de soude caustique ; pour la fabrication d’appareil de mesure et de laboratoire. Il entre aussi dans la composition des amalgames dentaires et sert à la réalisation de miroir ou de dorure et à la récupération de métaux précieux. L’incinération des déchets contribue également à la pollution environnementale au mercure .
  • L’exposition au mercure se fait principalement par voie alimentaire , lors de la consommation de poissons, mais aussi par les amalgames dentaires , par certains vaccins contenant du mercure ou par le bris de lampes dites « économiques ».
    L’exposition professionnelle a lieu dans les centrales thermiques, les crématoriums, l’orpaillage .
  • L’exposition au mercure par inhalation ( bris de lampe ou thermomètre ) amène 80% du mercure au niveau sanguin.
  • Le mercure métallique passe la barrière placentaire et atteint le fœtus au niveau du foie , des reins et du cerveau. Lorsqu’il est piégé dans le cerveau, le mercure a une demi-vie de 27 ans.
  • Il y a une corrélation entre le nombre d’amalgames dentaires chez la mère et la quantité de mercure dans le sang du cordon . De la même manière, il y a une corrélation entre la quantité de poissons consommés par la mère et la quantité de mercure au niveau du cordon.
  • Il y a également une corrélation entre la quantité de mercure dans le lait maternel et le nombre d’amalgames dentaires. Les amalgames dentaires sont la 1ère source de mercure du lait maternel. L’exposition post-natale est inférieure à l’exposition pré-natale.

http://www.non-au-mercure-dentaire.org/transfert-placentaire.php

http://www.atctoxicologie.fr/

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LES PARABENS

  • La famille des Parabens regroupe les esters de l’acide p-hydroxybenzoïque. Ils sont utilisés comme conservateurs pour empêcher le développement des bactéries et des champignons .

TOXICITE

  • Fortement suspectés d’être perturbateurs endocriniens ( oestrogènes ), les parabènes sont aussi des perturbateurs thyroïdiens

SOURCES DE CONTAMINATION :

  • En raison de leurs propriétés antibactériennes et antifongiques, ces conservateurs sont présents dans les cosmétiques et les produits de soins personnels tels que les déodorants , les gels douche, et les crèmes pour le corps. On les retrouve également dans les médicaments et les aliments.

LE TRICLOSAN

  • Le Triclosan est un composé chimique organique antibactérien et antifongique à large spectre ( pesticide organochloré proche des chlorophénols ) qui se retrouve dans de nombreux produits d’hygiène tels que le savon liquide, le dentifrice ou les déodorants.

TOXICITE

  • Plusieurs études montrent que le triclosan affecterait le fonctionnement de la thyroïde.

SOURCES DE CONTAMINATION

  • Les sources de triclosan sont exclusivement anthropiques. Le triclosan est utilisé comme conservateur , agent déodorant et biocide. Il entre dans la composition de cosmétiques et produits de soins , de médicaments , d’articles en textiles et en plastiques ( ustensiles de cuisine , jouets, literie, sacs poubelle).

 

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