Bilan anniversaire de 20 années de cultures mondiales des OGM en 2015 – par le Pr Gilles-Eric Séralini/ CRIIGEN


Mardi 26 Avril 2016

Ou comment jeter les idées reçues des militants pro-OGM/user/image/actualitePicture_497522.png

 

  • Quelles plantes et combien ? Après 20 années de commercialisation, expertisons les statistiques des industriels pour les OGM alimentaires cultivés dans le monde (isaaa.org). Les OGM atteignent à présent 179,7 millions d’hectares, en légère diminution par rapport aux 181,4 millions d’hectares en 2014, soit aujourd’hui une stagnation à environ 11,9% des cultures mondiales. La progression annuelle moyenne était de 0,6% les premières années. Malgré la communication exagérée ininterrompue sur les caractères de ces cultures, ces OGM sont toujours répartis depuis 20 années en seulement 4 plantes (soja, maïs, coton, colza) dont les 2 premières totalisent 81% de l’ensemble, malgré les nombreuses autorisations de cultures non exploitées. Depuis le début, on nous proposait autre chose et beaucoup se préoccupaient des nouveaux dossiers fantômes, tombant dans le piège de la communication mensongère.
  • Pour quoi faire ? Ces OGM sont toujours presque exclusivement pour la totalité des plantes à pesticides, c’est-à-dire des plantes qui ont été modifiées soit pour tolérer un herbicide (comme le Roundup) qu’elles peuvent alors absorber sans mourir (53%), soit pour fabriquer un insecticide (13%), soit encore pour cumuler les deux caractéristiques à la fois (34% – jusqu’à 3 tolérances à des herbicides et 6 productions d’insecticides, selon les plantes). Les autres promesses ne sont pas tenues. Depuis le début, d’aucuns s’inquiétaient pourtant des autres caractères publicitaires, tout en négligeant le caractère pesticide des OGM toujours trop peu mis en avant auprès du public.
  • Où ? Le continent américain regroupe 87% de toutes les surfaces d’OGM, et 98,7% des OGM alimentaires hors coton (lequel est également cultivé de façon importante dans d’autres pays comme l’Inde ou la Chine…). Face à ces cultures d’OGM, la résistance apparaît dans le monde entier. L’aubergine transgénique, par exemple, a été stoppée en Inde ou aux Philippines, les projets de blé OGM en Australie, du saumon OGM au Canada, récemment autorisé aux USA. Nous avons participé à l’évaluation sur place de ces dossiers. En Amérique, comme partout ailleurs, les OGM ne sont pas évalués plus de trois mois sur la santé des mammifères avec analyses de sang avant autorisation. De plus, ils ne sont pas non plus étiquetés et sont ainsi disséminés plus facilement. En Europe, au contraire, les OGM qui sont essentiellement cultivés en Espagne, représentent moins de 0,01% des surfaces cultivées. Depuis le début, les ONG travaillent moins sur les dossiers existants que sur les promesses non tenues des OGM. Félicitons les victoires du public et des scientifiques ayant limité ces cultures par leurs recherches. Nous exigeons la transparence sur les dossiers d’évaluations sanitaires des OGM et des pesticides qui y sont associés comme le Roundup, c’est un des points cruciaux qui pourrait faire basculer l’ensemble vers des évidences de malhonnêtetés graves, montrant le caractère inique des affirmations d’absence de risque pour la santé des militants pro-OGM.
  • Une constance : la publicité mensongère. Un organisme des industriels tel que l’ISAAA commence son compte-rendu en affirmant que les cultures OGM augmentent les bénéfices de l’économie, de l’environnement et du bien-être, alors que ces OGM servent essentiellement depuis le début à favoriser l’agriculture intensive à pesticides. Même cultivés dans les pays pauvres, ils nourrissent surtout les porcs, vaches et poulets des pays riches, contribuant à la pauvreté et aux malnutritions mondiales, à la chute de la biodiversité, et faisant courir des risques environnementaux et sanitaires chroniques importants.
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